Le numéro de mars se penche sur une Marie pas très catholique

Genève: Parution de la Revue dominicaine Sources

Genève, Fribourg, 17 mars 2005 (Apic) Le numéro de mars-avril de la revue dominicaine Sources se penche sur divers sujets où l’actualité est interrogée à la lumière de l’éthique. Il pose en outre la question du dogme marial suite à des publications «contestataires» qui ont fait des vagues, récemment.

Le centenaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée conception a suscité dans le monde catholique plusieurs publications d’intérêt divers, écrit le rédacteur en chef Guy Musy dans la récente publication de la revue dominicaine Sources.

Revenant sur le Marie du journaliste Jacques Duquesne, il rappelle que le livre n’a pas fini de faire des vagues dans le monde de l’édition et dans «les milieux ecclésiastiques désireux de reprendre la maîtrise du jeu». Il fait allusion à la Commission doctrinale de l’assemblée plénière des évêques de France, qui réduit le livre de Duquesne à une «provocation».

Une seule «hérésie» de Duquesne semble orienter la plume des censeurs, écrit Guy Musy: «Jésus n’est pas l’unique enfant de sa mère. Il est même né au sein d’une famille nombreuse». Le rédacteur en chef de Sources cite la «réponse» du jésuite Bernard Sesboüé Marie ce que dit la foi où, en une dizaine de pages, le jésuite assimile Duquesne à un rédacteur moderne «d’évangile apocryphe». «Les solutions de Duquesne sont trop faciles, trop conformes à nos idéologies pour qu’elles puissent être justes», écrit-il.

Un étonnant texte de Sartre

A ce «mini dossier marial», Sources a voulu ajouter deux courts textes littéraires, l’un de Bernanos, bien connu, et l’autre plus étonnant, signé Jean-Paul Sartre, alors prisonnier de guerre en Allemagne, à qui ses compagnons avaient demandé dans quelle attitude il aurait peint la Vierge s’il lui avait été donné d’être un peintre de la Renaissance ou un Picasso. Un texte qui en une page est d’une clairvoyance et d’une humilité chrétienne étonnantes, venant de Sartre. «Aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule, un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire (.) C’est dans un de ces moments-là que je peindrais Marie si j’étais peintre», écrit le chantre de l’existentialisme. (apic/vb)

17 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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