Le sacrement de pénitence à domicile pendant le carême

Indonésie: Si le fidèle ne va pas à l’église, c’est l’église qui se rendra auprès du fidèle

Manado, 17 mars 3005 (Apic) Initiative originale dans une province indonésienne. Où on y applique un certain diction, à savoir que si le fidèle ne va pas à l’église, c’est l’église qui se rendra auprès du fidèle. Cela pour proposer le sacrement de pénitence à domicile pendant la période de carême, dans des régions particulièrement isolées.

Pendant le carême, un diocèse indonésien propose le sacrement de pénitence à domicile. Dans la province de Célèbes-Nord, le diocèse de Manado a en effet mis en place un service de confession à domicile. Durant le temps du Carême, les fidèles qui le souhaitent, dans ce diocèse de 125’000 catholiques sur une population de 4,4 millions d’habitants, n’ont pas à se déplacer jusqu’à l’église pour qu’un prêtre les y entende en confession. Ils reçoivent la visite chez eux d’un prêtre, autre que leur curé. Avantage: ils peuvent ainsi se confesser à une heure qui leur convient. et sans avoir à parcourir la distance, parfois importante, qui sépare leur lieu de résidence de leur lieu de culte.

Selon le Père Paulus Salabia, vicaire d’une des paroisses de la région, l’initiative a été pensée principalement pour les communautés relativement isolées. La très grande majorité des catholiques de Manado sont des agriculteurs ou des employés, il est difficile pour eux de se libérer aux horaires où les prêtres entendent les confessions à l’église, explique-t-on.

D’après des témoignages recueillis par l’agence Ucanews, que cite Eglises d’Asie, l’initiative rencontre un franc succès. Pour Bert Tuegeh, un paysan âgé de 58 ans, tant que les oiseaux s’en prennent à sa rizière, c’est-à-dire jusqu’au soir, il ne peux rentrer chez lui. Une fois le soir venu, il lui est en revanche possible de se rendre chez un voisin pour y rencontrer un prêtre et se confesser. Le plus souvent, en effet, les prêtres de passage se rendent chez le responsable de la communauté catholique et utilisent sa maison pour entendre les confessions.

Succès inespéré

Pour le Père Wilhelmus Thome, curé de Laikit, l’expérience rencontre tant de succès qu’elle a été étendue à presque toutes les paroisses du diocèse. Il note que soixante personnes ont reçu le sacrement de réconciliation lorsque trois prêtres ont visité les trois communautés un peu isolées de la paroisse de Laikit, le 18 février dernier. «Lorsque nous confessons dans l’église, pas plus de vingt personne viennent», précise-t- il, ajoutant que les prêtres apprécient «l’efficacité pastorale de cette approche».

Le Père Agus Mangundap, responsable de la Commission diocésaine des communications sociales et ancien vicaire général du diocèse, estime que les confessions à domicile ne peuvent que profiter aux fidèles. Il est cependant exclu d’en faire une pratique habituelle: «Nous ne le ferons que pendant le Carême et l’Avent».

Lors de la mise en place du programme des visites à domicile, les prêtres du diocèse font attention à ce que chaque communauté puisse recevoir la visite d’un prêtre autre que celui qui la visite habituellement. «Un prêtre d’une paroisse écoute les confessions dans une autre paroisse. C’est bien, car certains fidèles hésitent à se confesser au prêtre de leur propre paroisse», explique le P. Agus Mangundap. «Les gens s’intéressent moins à la confession, mais, avec ces nouvelles initiatives, nous espérons que le sacrement de Pénitence va continuer d’attirer les gens».

Selon Budi Rahardja, employé d’une entreprise privée, la possibilité de se confesser à domicile est un «plus» certain. «En rendant visite aux gens chez eux, le prêtre sera plus proche d’eux et en saura davantage sur leurs conditions de vie», estime ce catholique originaire de Java, venu s’installer à Célèbes-Nord il y a dix ans. (apic/eda/pr)

17 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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