La charge de fidèles a triplé en 45 ans

Rome: L’Eglise manque de prêtres, selon la Congrégation pour le clergé

Rome, 18 mars 2005 (Apic) Alors que Jean Paul II vient de publier sa 24e Lettre annuelle aux prêtres à l’occasion du Jeudi saint, des statistiques établies par la Congrégation pour le clergé font état du manque croissant de prêtres en Europe et dans le monde. Si dans le monde, le nombre de prêtres a augmenté de 400 entre 2002 et 2003, la charge de fidèles par prêtres, elle, a presque triplé en 45 ans.

Au 31 décembre 2003, on comptait 405’450 prêtres dans le monde. Si on y ajoute les diacres permanents et les évêques, le clergé se compose de 441’719 membres, c’est-à-dire une croissance quasi régulière depuis 1914. Au rythme actuel des ordinations, décès et défections, – au niveau mondial -, le clergé séculier, en croissance depuis 1985, devrait passer des 268’000 prêtres actuels à 290’000 prêtres en 2025, alors que le nombre de prêtres religieux pourrait recommencer à croître de manière rapide, seulement à partir de 2015.

Mais cette augmentation ne suit pas la croissance démographique. Ainsi, la charge des fidèles pour chaque prêtre, qui était de 893 fidèles en 1958, est actuellement de 2677, et doit croître, selon les statistiques de la Congrégation pour le clergé, jusqu’à fin 2050, date prévue pour une baisse démographique au niveau mondial.

Selon ces mêmes statistiques, l’Eglise pourrait continuer à assumer sa mission malgré la baisse proportionnelle de prêtres par rapport à l’accroissement de la population. En effet, en Amérique Latine, la moyenne est montée à 7500 fidèles par prêtre mais la situation s’améliore, ainsi qu’en Afrique et en Asie.

Beaucoup de prêtres retraités en Europe

Au contraire en Europe, la moyenne croît inexorablement (passant de 700 à 1400 fidèles par prêtres en moyenne). Selon la Congrégation pour le clergé, ce chiffre qui semble encore très favorable ne doit pas faire illusion. En effet, les statistiques comptabilisent aussi les prêtres à la retraite. On en arrive ainsi à un paradoxe. En France par exemple, on célèbre ainsi 10’851 messes dominicales, alors que 22’000 prêtres sont recensés. Pour palier la pénurie, les ’messes communautaires’ ont été instaurées. Elles regroupent un grand nombre de paroisses.

D’autre part, les vocations sacerdotales ont doublé au niveau mondial. Depuis 1977 on est passé de 0,14 à 0,27 séminaristes par prêtre dans le monde et le pourcentage d’abandon du séminaire décroît notablement: de 12% à 7% par an en 30 ans. Mais en Europe, le nombre des vocations a de nouveau baissé à partir de 1992 (de 30’300 séminaristes en 1992 à 24’300 séminaristes en 2003 – la baisse la plus notable étant en France et en Irlande). En Occident, le maintien du clergé est dû aux 31’000 diacres permanents.

Par ailleurs, il semble que le niveau des défections augmente depuis trois années (1151, en 2002). Entre 1970 et 2003, les 19,35% des prêtres qui s’étaient démis – surtout ceux qui ont renoncé au sacerdoce pour des motifs politiques – sont retournés à leur ministère. (apic/imedia/ms/bb)

18 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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