Suisse: L’Académie Suisse des Sciences Médicales se prononce sur le cas Terri Schiavo

Sans «disposition du patient», on ne peut stopper l’alimentation

Bâle, 22 mars 2005 (Apic) Face à la controverse sur le cas Terri Schiavo, qui secoue les Etats-Unis depuis plusieurs jours, l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) à Bâle affirme qu’en Suisse, on ne peut pas stopper l’hydratation et l’apport d’aliment d’un patient en coma éveillé, à moins qu’existe une «disposition du patient» correspondante. Ni le conjoint, les parents ou d’autres personnes proches, ni le médecin traitant ne peuvent agir à la place du patient, affirme mardi l’ASSM.

Terri Schiavo, dans le coma depuis 15 ans, n’est pas en situation de mort cérébrale, comme l’ont faussement écrit certains médias, mais se trouve en coma éveillé, «un état végétatif persistant», écrit l’ASSM dans sa prise de position. De tels patients en coma éveillé ne sont pas en train de mourir, mais ils se trouvent dans un état stable, dont on peut penser qu’il est irréversible.

Des «Directives médico-éthiques»

En 2003, l’ASSM a publié des «Directives médico-éthiques» sur le traitement et la prise en charge des patients souffrant d’atteintes cérébrales extrêmes de longue durée. L’ASSM considère que l’hydratation et l’alimentation font partie des conditions de vie de base auxquelles a droit chaque individu. En cas de maladies chroniques, l’apport de nourriture et de liquide garantit le maintien de l’intégralité corporelle et, pour cette raison il doit être poursuivi tant que le patient n’exprime pas de volonté contraire.

Tout au plus, lorsque le processus de la mort est déclenché, affirme l’ASSM, le renoncement à l’apport de nourriture et éventuellement de liquide peut, dans des cas très rares, être justifié.

Les directives stipulent clairement et sans la moindre équivoque que seule la volonté exprimée ou présumée du patient est décisive pour toutes les décisions liées au traitement, et en aucun cas des considérations économiques. «Même si le traitement, la prise en charge et les soins de patients souffrant d’atteintes cérébrales extrêmes de longue durée exigent un effectif du personnel et des coûts élevés», estime la fondation indépendante, dont le siège est à Bâle.

Si un tel patient devait souffrir de graves complications, comme une pneumonie, qui exige des mesures thérapeutiques, alors l’ASSM estime que dans ce cas, les membres de la famille pourraient, de concert avec l’équipe soignante, renoncer à ces mesures, à supposer qu’elles correspondent aux voeux du patient. (apic/com/be)

22 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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