Le procès de béatification reprendra très bientôt
Rome: Optimisme du postulateur de la cause de Mgr Oscar Romero
Rome, 23 mars 2005 (Apic) Le procès de béatification de Mgr Oscar Romero reprendra très bientôt, selon le postulateur de la cause de l’ancien archevêque de San Salvador. Mgr Vincenzo Paglia, évêque de Terni (Italie), interrogé par I’Apic à quelques jours du 25e anniversaire de l’assassinat du prélat par les militaires du pays.
Le 24 mars 1980, Oscar Romero, archevêque de San Salvador, était assassiné alors qu’il célébrait la messe dans la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence de la capitale salvadorienne. Pendant ses obsèques, le 30 mars 1980, l’armée avait tiré sur la foule, faisant plusieurs dizaines de victimes. Une commission de l’Onu a établi que son assassinat avait été ordonné par des militaires de son pays. Dès sa nomination, en 1977, il était entré en conflit avec la haute bourgeoisie, l’armée et le pouvoir, défendant «l’option préférentielle pour les pauvres». La veille de sa mort, il avait demandé aux soldats de refuser d’obéir aux ordres de tuer.
«Je crois que très très bientôt le procès reprendra son processus ordinaire», a déclaré Mgr Vincenzo Paglia. L’évêque italien a précisé qu’il présenterait «très prochainement à la Congrégation pour la cause des saints la «positio» qui est «super martyrium», ce qui signifie qu’il n’y a pas besoin du miracle car il devrait être reconnu martyr.
Une fois instruite, la «positio» sera ensuite soumise au jugement d’un collège de théologiens, puis à une commission de cardinaux de la Congrégation qui devra à son tour donner son verdict. «D’une étape à l’autre, il faut compter environ six mois», a estimé Mgr Paglia. Ensuite, a- t-il ajouté, «Mgr Romero attendra son tour dans la file d’attente de toutes les causes, et il y en a beaucoup devant lui». Le postulateur de la cause de Mgr Romero a aussi affirmé que «selon les circonstances, cela ira plus ou moins vite», ajoutant que, «si tout va bien, d’ici un an, le consistoire des cardinaux pourrait décider de la date» de sa béatification.
Long processus
Comme pour toute béatification, le processus officiel a commencé pour Mgr Romero lorsque son archidiocèse a mis en place, en 1993, un tribunal ecclésiastique spécial chargé d’examiner ses homélies, ses écrits et ses lettres personnelles. Ce même tribunal a aussi collecté des témoignages concernant les quatre années passées par l’évêque à la tête du diocèse. Envoyés au Vatican en 1997, les résultats de cette enquête préliminaire ont été remis à la Congrégation pour la cause des saints. Mais, pour des raisons idéologiques, la cause a été bloquée jusqu’à aujourd’hui par la Congrégation pour la doctrine de la foi.
A la question de savoir si la béatification de Mgr Oscar Romero serait l’apologie de la «théologie de la libération», Mgr Paglia a répondu négativement, estimant que l’évêque avait été assassiné «car ce qu’il prêchait dérangeait, alors qu’il ne comprenait rien à la politique». «Il est clair que les escadrons de la mort l’ont abattu pour des raisons politiques», a-t-il cependant ajouté.
Nombreux sont ceux qui se sont opposés à cette béatification, a reconnu Mgr Vincenzo Paglia. Ainsi, a-t-il déclaré, «à la Congrégation pour la doctrine de la foi, on a d’abord dit que Romero était un hérétique». Mais les membres de la Congrégation «ont fini par faire leur travail et ont affirmé que tout était en place pour la poursuite du procès». L’évêque de Terni, ancien conseiller de la communauté de Sant’Egidio, a encore affirmé que «le fait que Romero ait été regardé de manière idéologique a empêché une vision historique vraie».
Célébrations
Interrogé enfin sur les rapports entre Jean Paul II et Mgr Oscar Romero, Mgr Paglia a déclaré que le pape, «lors de la célébration des martyrs au Colisée, durant l’année sainte, s’était aperçu qu’il manquait le nom de Romero dans le rite». «Jean Paul II avait alors pris un stylo et ajouté son nom». Le pape avait présidé, dans la soirée du 7 mai 2000, une commémoration oecuménique des témoins de la foi au Colisée, à Rome. Lors d’une prière en portugais, la mémoire de l’archevêque Oscar Romero, «tué à l’autel pendant la célébration du sacrifice eucharistique», avait alors été évoquée.
Jeudi 24 mars marquera le 25e anniversaire de l’assassinat de Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador. A Rome. Le 17 mars dernier, une messe a été célébrée à la mémoire de l’évêque assassiné, présidée par Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem et président de Pax Christi international.
Le 2 avril prochain, une autre messe sera célébrée à San Salvador en présence des évêques du pays. A cette occasion, un monument en bronze sera béni et placé sur sa tombe. Le même jour, dans la soirée, le cardinal Oscar Rodríguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Honduras), présidera aussi une célébration eucharistique à la mémoire de l’archevêque assassiné il y a 25 ans. (apic/imedia/ami/pr)




