La nouvelle évangélisation touche la déchristianisation accélérée
Rome: Pour le nouveau président des OPM, les territoires de mission ont changé
Rome, 23 mars 2005 (Apic) Le nouveau président des OEuvres pontificales missionnaires (OPM) et secrétaire adjoint de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples estime que les territoires de mission traditionnels ont changé. Il évoque aussi le sens du martyr et de la mission, ainsi que sa préoccupation pour l’Afrique.
L’Apic a rencontré le nouveau responsable des missions à travers le monde à la veille de la 13e journée de prière et de jeûne pour les missionnaires martyrs, le 24 mars. Prêtre polonais de la Société de l’apostolat catholique (pères Pallotins), Mgr Henryk Hoser a été nommé président des OEuvres pontificales missionnaires (OPM) et secrétaire adjoint de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples le 22 janvier. Interrogé par l’Apic, Mgr Hoser a estimé que les terrains traditionnels de mission de la Congrégation ont changé. «Aujourd’hui, avec le développement des échanges de biens et de personnes, avec le réseau mondial d’information, il y a des nouveaux aréopages de mission», a-t-il affirmé.
L’archevêque a expliqué que la Congrégation pour l’évangélisation des peuples se charge de 1’080 diocèses dans le monde, appelés ’territoires de mission’. «Mais, a-t-il reconnu, ce sont des critères géographiques de moins en moins pertinents, qui datent de l’époque des grandes découvertes ou de celle des colonies». Il a aussi ajouté que, «aujourd’hui, le critère serait plus sociologique que géographique». En effet, «la ’nouvelle évangélisation’ touche les phénomènes comme la déchristianisation accélérée, observée maintenant dans les pays de l’ancienne chrétienté» qui sont marqués par «la rupture de l’héritage spirituel de la foi, d’une génération à l’autre».
A la question de savoir si l’Eglise est toujours missionnaire et évangélisatrice, Mgr Henryk Hoser a répondu à l’affirmative, précisant que, «à la lecture quotidienne des rapports des diocèses envoyés à la Congrégation, on voit de nombreuses réalisations en ce sens».
Par ailleurs, en 2004, dix prêtres, un religieux, une religieuse et trois laïcs sont morts en raison de leur foi. L’Eglise fait mémoire de leur sacrifice ce 24 mars, jeudi saint, à l’occasion de la 13e journée de prière et de jeûne pour les missionnaires martyrs. Mgr Henryk Hoser juge que ce témoignage a toujours de la valeur. «Si quelqu’un donne sa vie pour une bonne cause, a-t-il ainsi expliqué, ce témoignage recueillera toujours de l’estime et sera un exemple d’héroïsme, perçu comme un acte valable». Pour le prélat polonais, «beaucoup de ceux qui ont été assassinés connaissaient le risque qu’ils couraient». «En dehors de la foi chrétienne, c’est aussi le cas de ceux qui servent la vérité comme journalistes», a-t-il ajouté.
Le continent africain meurt à petit feu
Six de ces religieux ou laïcs martyrs sont morts en Afrique. Mgr Henryk Hoser, qui connaît bien le continent pour avoir passé une vingtaine d’années au Rwanda, estime que c’est celui «qui souffre le plus dans le monde aujourd’hui». «Il suffit de voir les conflits qui se développent et deviennent chroniques, qui font mourir le continent à petit feu», a-t-il noté. Et de citer «la quantité innombrable de réfugiés qui croupissent dans les camps au Tchad, au sud du Soudan» ou encore «le Congo qui a vu la faillite de l’Etat».
Le président des OEuvres pontificales missionnaires a entre outre estimé que, selon les pays d’Afrique, l’Eglise est «mal vue», «tolérée» ou tout simplement «la seule institution qui fonctionne». Il a encore souligné que «les paroisses ou les économats généraux des diocèses offrent leurs réseaux scolaires et de santé» et que le rôle qu’y joue l’Eglise «est comparable à celui qu’elle avait au Moyen-Age dans les pays aujourd’hui développés, fondant des hôpitaux, des écoles ou des universités». Il a noté que «l’Eglise apporte une réponse assez globale aux besoins humains, aussi bien au niveau matériel que psychologique et spirituel», précisant qu’il y a «peu d’institutions qui le font».
Enfin, à la veille du 25e anniversaire de la mort de Mgr Oscar Romero – archevêque de San Salvador assassiné alors qu’il célébrait la messe le 24 mars 1980 – Mgr Henryk Hoser s’est dit favorable à sa rapide béatification. Il a estimé que le cas de «Mgr Romero répond aux critères appliqués dans les procès de béatification et de canonisation».
Encadré:
Les OEuvres pontificales missionnaires
Les OEuvres pontificales missionnaires, créées afin de soutenir l’oeuvre des missionnaires sur les territoires non-christianisés, sont à la fois une institution de l’Eglise universelle et de chaque Eglise particulière. Leur premier objectif est d’aider la coopération missionnaire. Au niveau international, la direction et la coordination des OEuvres pontificales est assurée par un Comité suprême présidé par le préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le cardinal Crescenzio Sepe, ainsi que par un Conseil supérieur mené par le président des OEuvres pontificales, aussi secrétaire adjoint de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Monseigneur Henryk Hoser nommé le 22 janvier 2005.
Les quatre Oeuvres pontificales missionnaires sont l’Oeuvre pontificale missionnaire pour la propagation de la foi – fondée en 1822 à Lyon, en France, par un groupe de laïcs guidés par Pauline Jaricot -, l’Oeuvre pontificale de l’Enfance missionnaire – fondée en France en 1843 par Mgr de Forbin-Janson et dont le but est d’»éveiller la conscience missionnaire des enfants» -, l’Oeuvre pontificale missionnaire de Saint Pierre Apôtre – fondée aussi en France en 1889 par Jeanne Bigard dans le but de sensibiliser les baptisés à l’importance du clergé local dans les missions – et enfin l’Union pontificale missionnaire, fondée en Italie par le Père Paolo Manna pour former et sensibiliser les prêtres à la mission.
Encadré:
Biographie de Mgr Henryk Hoser
Né à Varsovie et âgé de 62 ans, Mgr Henryk Hoser est entré en 1969 dans la Société de l’apostolat catholique (Pères Pallotins). Diplômé en médecine, il a été ordonné prêtre en juin 1974. Après avoir suivi des cours de français et de médecine tropicale à Paris, il a été missionnaire au Rwanda de 1975 à 1995 menant de nombreuses actions missionnaires. En 1978 il a fondé à Kigali le Centre médico-social qu’il a dirigé pendant 17 ans, ainsi que le centre d’action familiale.
En 1994, en l’absence du nonce apostolique au Rwanda, le Saint-Siège l’a nommé visiteur apostolique dans le pays. Puis, de 1996 à 2003, il a été supérieur régional de sa congrégation religieuse et membre du Conseil missionnaire de la Conférence des supérieurs majeurs de France. Ces dernières années, à la demande de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, il a assuré des visites apostoliques dans séminaires majeurs des terres de mission. Depuis 2004, il était recteur de la procure missionnaire pallotine, à Bruxelles.
Le 22 janvier 2005, Jean Paul II l’a nommé président des OEuvres pontificales missionnaires (OPM) et secrétaire adjoint de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, l’élevant au rang d’archevêque. Son ordination épiscopale a eu lieu à Rome, le 19 mars 2005, par les mains du cardinal Crescenzio Sepe, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Mgr Stanislaw Dziwisz, secrétaire particulier de Jean Paul II et Mgr Thaddée Ntihinyurwa, archevêque de Kigali.
(apic/imedia/ami/bb)




