Bras de fer entre le patriarcat et les Palestiniens

Terre Sainte: L’Autorité palestinienne réclame l’expulsion du patriarche grec-orthodoxe

Jérusalem, 23 mars 2005 (Apic) L’Autorité palestinienne réclame l’expulsion du patriarche grec-orthodoxe. Elle a décidé d’envoyer une délégation en Grèce afin de demander le départ du patriarche de Terre Sainte à la suite d’un scandale provoqué par des allégations de vente de terrains à Jérusalem à des acquéreurs juifs. Un véritable bras de fer entre le patriarcat et les Palestiniens a été engagé.

A l’issue d’un vote tenu le 22 mars, les parlementaires palestiniens ont décidé de demander «l’expulsion» du patriarche Irineos et de réclamer tous les biens du Patriarcat grec-orthodoxe en Terre Sainte qui, selon eux, appartiennent aux paroissiens principalement arabes.

«Tous les biens de l’Eglise appartiennent à la communauté arabe grecque-orthodoxe. Le patriarche n’a ni le droit, ni la juridiction, ni le mandat légal de les vendre», a affirmé Hanan Ashrawi, membre de la commission d’enquête du Conseil législatif palestinien sur les présumées ventes de terrains.

Les allégations ont paru pour la première fois dans un article, la semaine dernière, du journal «Maariv» en Israël, qui a publié des informations non confirmées selon lesquelles un assistant du patriarche Irineos aurait vendu des biens près de la porte de Jaffa donnant sur la vieille ville de Jérusalem à des investisseurs juifs étrangers.

Le patriarche a démenti «toute connexion avec cette transaction fictive, dont nous n’avons pas connaissance à ce jour», dans une déclaration du 18 mars rapportée dans les médias locaux. Une déclaration qui n’a convaincu personne.

Le patriarcat grec-orthodoxe possède de nombreux biens en Terre Sainte et à Jérusalem, y compris le terrain sur lequel est construit le parlement israélien, la Knesset.

Le patriarcat et le ministère des Affaires étrangères grec ont ouvert une enquête pour savoir s’il y a eu effectivement une vente des terrains de l’Eglise effectuée sans la permission du patriarche ou du synode de l’Eglise en Grèce. Le bureau du patriarche a déclaré qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre un assistant qui aurait pu vendre le terrain sans permission.

L’Eglise-grecque orthodoxe «arabisée»

L’incident exacerbe le ressentiment des paroissiens de l’Eglise, pour la plupart arabes, qui déplorent que les leaders de l’Eglise en Terre Sainte soient des Grecs et non des Palestiniens. La plupart des autres Eglises – comme les Eglises catholique, anglicane et luthérienne – on nommé des responsables palestiniens.

Les parlementaires palestiniens ont aussi décidé «d’arabiser l’Eglise grecque-orthodoxe, en expulsant le patriarche grec et en nommant un patriarche arabe». Les paroissiens palestiniens dénoncent depuis longtemps des ventes de terrains par l’Eglise à des acheteurs juifs. Les parlementaires palestiniens ont aussi décidé de considérer comme sans objet la vente de biens grecs-orthodoxes et de considérer la vente de biens d’Eglise comme «une action visant à judaïser Jérusalem». (apic/eni/pr)

23 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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