France: Face à la montée du «non» en vue du référendum sur la Constitution

Appel des Eglises chrétiennes à relever «le défi de l’Europe»

Paris, 29 mars 2005 (Apic) Le Conseil d’Eglises chrétiennes en France (Cecef), qui réunit catholiques, protestants et orthodoxes, a appelé mardi les chrétiens à relever «le défi de l’Europe», à savoir «la paix, la justice et le bien-être pour tous», lors du référendum du 29 mai.

Face aux sondages réalisés en France, qui laissent apparaître un «non» grandissant en vue du référendum, le Cecef estime dans une déclaration que «la France, en tant qu’un des pays fondateurs, et les Français ont une responsabilité particulière pour relever ce défi». Le fossé entre le «non» et le «oui» s’est encore accru, passant actuellement à plus de 55% d’intention de refus.

Le projet européen ne soulève pas l’enthousiasme des citoyens, note le Cecef. Or, relève les Eglises chrétiennes, «l’Europe nous a apporté, tout d’abord, la paix qui était le premier défi de ses fondateurs».

Le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, qui a soulevé de vastes critiques en raison de l’absence de références aux racines chrétiennes, apporte aux yeux du Cecef des améliorations substantielles aux traités existants» et met l’homme au coeur de la construction européenne, estime le texte. Une appréciation qui fait précisément problème dans les milieux de la gauche française, largement divisée sur la question.

Selon le Cecef, le préambule du Traité rappelle que l’Europe est un «espace privilégié de l’espérance humaine. «En tant que chrétiens, nous ne pouvons donc ni nous en désintéresser, ni lui tourner le dos».

La déclaration est signée par Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, Mgr Emmanuel, métropolite de France et président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France.

Le 29 mai prochain, les électeurs français auront à se prononcer par référendum sur la ratification du Traité établissant une constitution pour l’Europe, signé par les 25 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne le 29 octobre dernier à Rome.

Une affaire purement nationale?

L’avancée du «non» inquiète une certaine partie de la classe politique française. Pour les signataires du textes, il s’agira de se prononcer sur le texte lui-même, «sans se laisser distraire par des questions d’ordre purement national ou des débats annexes, qui ne sont certes pas secondaires, mais ne doivent en aucun cas occulter l’objet de la consultation: l’éventuelle adhésion de la Turquie ne dépendra en rien de l’adoption ou du rejet du Traité».

Des questions liées au sociale et à la politique agricole, pourtant bien présentes dans l’opinion publique française, du reste difficilement reléguables au second plan, estiment les adversaires du «non», européens convaincus pour la plupart pourtant.

Un argument que balaient les convaincus du «oui», et avec eux le Cecef, pour qui ce traité «est une étape dans la construction européenne». Même si des jugements différents peuvent être portés sur cette organisation, le texte apporte des améliorations substantielles aux traités existants, et en particulier au traité de Nice signé en 2000.

Pour le Cecef, la France, en tant qu’un des pays fondateurs, et les Français ont une responsabilité particulière pour relever ce défi. (apic/com/pr)

29 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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