Un engagement courageux dans le rapprochement oecuménique

Genève: L’AOT fête son 30è anniversaire le 23 avril

Genève, 14 avril 2005 (Apic) La Journée de célébration du 30e anniversaire de l’AOT aura lieu le 23 avril à la chapelle du COE (Conseil oecuménique des Eglises) avec, entre autres intervenants, Mgr Pierre Farine et le pasteur Joël Stroudinsky. La 17ème volée de participants à l’AOT est fin prête à démarrer, en septembre 2005.

L’Atelier oecuménique de théologie (AOT) fête le samedi 23 avril ses 30 ans. Fondé en fait il y a un peu plus de 30 ans, en 1974, «c’est en 2005 qu’on a voulu marquer le coup», lance Joseph Hug, prêtre jésuite et enseignant à l’AOT. «Nous avons dépassé l’âge de raison et l’AOT poursuit avec optimisme une véritable oeuvre oecuménique à Genève et aussi sur la Côte vaudoise», rappelle-t-il.

Une Journée d’anniversaire se tiendra donc à la chapelle du COE au Grand Saconnex, Genève. Prendront la parole, outre les anciens codirecteurs de l’AOT, Edmond Gschwend, et Jean-Pierre Zurn, Mgr Pierre Farine et le pasteur Joël Stroudinsky, président de l’Eglise protestante de Genève, ainsi que le président du Comité de l’AOT, Alain Stehlé. Sans oublier les nouveaux co directeurs, du côté catholique, Olivier Decrey et du côté protestant, le pasteur Cédric Juvet.

L’AOT est né d’une volonté d’ouverture initiée par des théologiens et des laïcs, protestants et catholiques romains, en particulier le Père Jean Bernard Livio, jésuite, et le Pasteur Eric Fuchs, qui en furent les premiers co-directeurs. «L’expérience qu’ils tentaient alors, appelée modestement Atelier, était révolutionnaire pour l’époque», relève le président de l’AOT Alain Stehlé, convaincu que cet Atelier a «largement contribué au rapprochement des Eglises à Genève, tout au cours des 16 volées qui se sont succédées depuis 30 ans».

Ses enseignants, une équipe de douze prêtres, pasteurs, théologiens et laïcs, hommes et femmes, guident les participants pendant deux ans à raison de deux heures hebdomadaires dans des cours et des ateliers.

Aucun titre n’est exigé, par plus qu’une affiliation à une Eglise spécifique. Par contre chacun doit partager, au cours d’un entretien, une réflexion inscrite dans son parcours personnel, par le biais d’un récit de vie. Un «contrat» préalable entre les participants d’un même atelier garantit confidentialité, liberté, et non-jugement. A partir d’un thème chaque fois différent une élaboration théologique se fait, à la lumière des religions catholique et protestante.

«L’AOT n’est pas une Eglise parallèle, mais un lieu de réflexion», et pour beaucoup de participants, une chance de clarification, qui intervient souvent à un moment clé de leur existence», rappellent les anciens codirecteurs catholique et protestant de l’AOT, qui ajoutent que «d’innombrables initiatives sont nées dans la foulée de ce parcours de formation unique». Certains participants ont ainsi poursuivi ce qui avait été amorcé. VB

Encadré

Historique d’une expérience novatrice, dans la foulée de mai 68

Longtemps majoritairement protestante, la Cité de Calvin connaît à partir des années 60 une nouvelle donne religieuse, liée à l’arrivée d’une force de travail du sud de l’Europe et des cantons catholiques. Mai 68, Vatican II, ainsi que le Synode des diocèses suisses (1972-75) ont créé un climat d’ébullition et d’ouverture qui a fait avancer la réflexion oecuménique. Un débat fondamental s’instaure, avec en particulier, des Jésuites et des collaborateurs du Centre Protestant d’Etudes (CPE) Un an et demi de rencontres hebdomadaires débouchent sur des retraites et des célébrations communes. Le projet d’un atelier oecuménique naît, «ni sous-faculté de théologie, ni lieu de compromis, mais espace de questionnement et de foi». Les célébrations avec hospitalité eucharistique s’intensifient, à raison d’une par trimestre La venue d’un évêque à Genève – confirmée en 1987 – provoque beaucoup de tensions au sein de l’équipe, qui mesure que les temps ne sont pas encore mûrs pour une unité visible. «L’optique oecuménique étant acquise, l’accent est davantage mis sur le prise en compte des mutations d’une société en mal de communication».

Plus de 1500 participants auront passé par les deux ans d’enseignement et de partage en atelier au sein de l’AOT, qui rayonne à l’extérieur de Genève. Les participants viennent maintenant aussi d’autres cantons romands et de France voisine. (apic/aot/vb)

14 avril 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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