Genève: Le bistrot de l’évêque diocésain. Conclave: «Où sont les jeunes ?»
Vocations: «J’embauche !», assure Mgr Genoud
Michel Bavarel, Genève
Genève, 19 avril 2005 (Apic) Au conclave qui se déroule en ce moment à Rome, la moyenne d’âge est de 71 ans. Où sont les jeunes? Quelle est la place des femmes? Voilà deux des questions posées lundi 18 avril à Mgr Bernard Genoud dans le «bistrot de l’évêque» installé pour un soir dans un établissement de la vieille ville de Genève.
Il faut dire que ce sont surtout des jeunes qui avaient été appelés à rencontrer Mgr Genoud. Ils étaient une quarantaine à se presser autour de lui. Réponse de l’évêque: «Pour choisir le pape, il faut une certaine maturité. Je peux vous assurer, pour en connaître certains, que les cardinaux ne sont pas des «couennes». Cependant, il est vrai qu’il y a trop de centralisme. Le pape n’est pas toute l’Eglise. L’une des missions de celle-ci est de proclamer la vérité de Dieu. Cette fonction est en grande partie assumée aujourd’hui par des femmes qui enseignent le catéchisme».
Mgr Genoud en a profité pour lancer un appel à son auditoire:»Si vous qui êtes ici ce soir allez demain proposer vos services, la face de l’Eglise de Genève en sera changée. Aidez-nous à vous donner votre place ! Nous avons besoin de vous. J’embauche !» Certains sont déconcertés par les rapides changements de prêtres qui ont lieu ces temps-ci dans les paroisses. «Avec la mise en place des unités pastorales, nous vivons un temps de réorganisation. Cela entraîne des souffrances, mais c’est pour une meilleure annonce de Jésus-Christ».
Une pub ridicule?
Des questions ont porté sur la publicité de l’Eglise de Genève vue sur les trams: «Est-ce parce qu’il n’y a plus personne dans les églises ?»; «Cela apparaît comme ridicule et certains de nos camarades se moquent de nous». Réponse de l’évêque: «Le but, c’est d’éveiller la foi et de faire prendre conscience de sa responsabilité envers l’Eglise. Et c’est financièrement efficace. Cela nous a évité de licencier des assistants pastoraux».
L’évocation de la croyance, fort répandue, en la réincarnation a permis à Mgr Genoud d’expliquer, à l’aide d’une sorte de parabole, la classique trilogie enfer, purgatoire et paradis. « Ne tombez pas dans cette croyance en la réincarnation ! Avec la résurrection et l’amour de Dieu, nous avons mieux ! » s’est-il exclamé.
La soirée ne pouvait s’achever sans qu’on aborde le sujet du sida et du préservatif. «Le pape n’a jamais parlé du préservatif, a affirmé l’évêque. Il a rappelé les grands principes qui doivent guider l’amour humain. Cependant, mieux vaut utiliser un préservatif que de transmettre le sida. C’est un moindre mal. Et, dans certaines circonstances, peut-être une charité».
L’ancien professeur qu’est Mgr Genoud s’est sans doute senti à l’aise face à ces jeunes, peu contestataires au demeurant. Cette soirée, a-t-il conclu, lui a donné beaucoup de joie.
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