Paris: Un nouveau document de la commission sociale des évêques de France

«Repères dans une économie mondialisée»

Paris, 28 avril 2005 (Apic) Le président de la Commission sociale des évêques de France, Mgr Jean-Charles Descubes, a présenté à la presse, à Paris, jeudi 28 avril, «Repères dans une économie mondialisée» (1). Ce document de 65 pages prend acte du développement accéléré de la financiarisation de l’économie. Et propose des pistes de réflexion pour humaniser le monde de l’économie.

Le constat est là. D’un côté, des avancées réelles. Ainsi, dans les pays en développement (hormis l’Afrique), l’espérance de vie à la naissance a augmenté de vingt ans au cours des quarante dernières années; le pourcentage des adultes analphabètes a chuté, passant de 47% à 25%; le revenu moyen par individu a augmenté de 20%. Mais de l’autre côté, des inégalités criantes. Le revenu de la Suisse, par exemple, représente 200 fois celui du Niger alors qu’il y a 200 ans, cet écart n’était que de 1 à 5. Aujourd’hui encore, 800 millions d’êtres humains souffrent de malnutrition, un milliard n’ont pas accès à l’eau potable et 113 millions d’enfants ne vont pas à l’école.

Face à cette situation, les évêques, dans le sillage de la doctrine sociale de l’Eglise, rappellent que le profit ne peut être la seule mesure de référence pour l’économie mondialisée. Considérant que la création du GATT puis de l’OMC a entraîné un progrès, ils appellent la communauté internationale «à franchir un pas supplémentaire dans la collaboration et la mise en place d’autorités effectives de contrôle». Ils soulignent également que le risque d’une emprise financière démesurée est de favoriser le «court-termisme» au détriment des salariés et de l’entreprise elle-même. Et de s’interroger: quelles sont les vraies motivations des opérations de croissance externe d’une entreprise? La mise en garde de Pie XI sur la spéculation conserve sa pertinence car elle est fondée sur deux analyses actuelles: la condamnation de l’enrichissement sans un projet défini (un véritable projet de développement économique et social) et la déconnexion entre l’économie réelle et la finance, soulignent les évêques. Autre dérive: l’accès trop facile à l’endettement. Aussi les évêques en appellent- ils à «un vrai projet social et mondial qui nous lie les uns aux autres.

Les impacts de la délocalisation

Concernant les délocalisations, le document «Repères dans une économie mondialisée» en décrit l’impact négatif: profiter, dans le pays d’accueil, de l’absence de lois sociales et du coût infiniment moindre du travail. Mais aussi l’impact positif: permettre à l’entreprise de faire face à la concurrence mondiale, de conserver des emplois qualifiés et réduire l’écart existant entre nations pauvres et nations riches. Aussi suggèrent-ils des pistes pour positiver les délocalisations des entreprises. Lesquelles sont conviées à développer une plus grande démocratie participative en leur sein. Quant aux dirigeants d’entreprises, il est juste de les appeler «à une répartition équitable des bénéfices entre salariés et actionnaires, notamment en cherchant à généraliser le versement à l’ensemble des employés de primes exceptionnelles indexées sur les résultats. Car, de fait, «la répartition des richesses doit reposer sur un socle de devoirs et de droits minima». JCN

(1) «Repères dans une économie mondialisée/ Co-édition Bayard/Cerf/Fleurus- Mame, en librairie à partir du 5 mai. Prix: 6,50 euros.

(apic/jcn/bb)

28 avril 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!