Malaisie: La Bible en malais doit porter la mention «Pas pour les musulmans»
Disponible uniquement dans les églises et les librairies chrétiennes
Kula Lumpur, 29 avril 2005 (Apic) La Bible traduite en malais est autorisée de vente en Malaisie. Mais elle doit porter la mention «Pas pour les musulmans» et être diffusée uniquement dans les églises et librairies chrétiennes. C’est ce qu’a officiellement déclaré le 19 avril dernier le Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi, rapporte le 29 avril l’agence «Eglises d’Asie».
Le Premier ministre a tranché face à une polémique qui s’était développée les jours précédents. Le ministre Datuk Seri Mohd Nazri Abdul Aziz Nazri, rattaché au bureau du Premier ministre, avait déclaré que les bibles en Bahasa Malaysia et en Bahasa Indonesia étaient interdites à la vente du fait de l’interdiction constitutionnelle de tenter de convertir un musulman à une autre religion que l’islam.
Selon les quotidiens «The Star» et «The Sun», le ministre en question estimait que l’interdiction de la vente libre de bibles en malais était nécessaire pour «empêcher leur usage visant à convertir des gens au christianisme». Selon le Sun, le ministre souhaitait que toute personne trouvée en possession d’une bible en malais soit déférée devant un tribunal.
Pas de commentaire du côté des Eglises
Les principales Eglises chrétiennes n’ont pas réagi officiellement à la polémique, et n’ont pas – pour l’heure – commenté les restrictions imposées par le Premier ministre à la diffusion de la Bible en malais. Wong Kim Kong, secrétaire général de la Communion nationale des chrétiens évangéliques, a cependant déclaré que la mesure gouvernementale était «en contradiction avec la politique du Premier ministre Badawi de promouvoir l’harmonie religieuse dans le pays». Il a ajouté que les premières victimes en étaient les chrétiens qui ne parlent pas anglais et qui représentent «au moins la moitié des chrétiens de Malaisie orientale où ils utilisent des bibles traduites en malais ou dans leurs langues».
Pour les observateurs, ce développement s’inscrit dans un contexte plus ancien, où, depuis de nombreuses années, un certain nombre de groupes musulmans protestent contre l’utilisation de la langue nationale par les chrétiens dans leur liturgie et leurs publications. Ils refusent ainsi que certains mots comme «Dieu» soient utilisés en malais par des religions autres que l’islam. Dans un pays où les musulmans forment un peu moins de 60% de la population, ces problèmes ont provoqué, au fil des ans, de multiples interventions des dirigeants chrétiens, hindous, bouddhistes et sikhs auprès des autorités fédérales. (apic/eda/bb)




