2775 ans pour méditer

Tout ceci est vrai.

Ce que j’aime dans la justice, c’est son sens de la mesure, de la nuance, son équilibre. Pas pour rien du reste qu’elle apparaît sous la forme d’une balance. Tout un symbole, qu’un militant de l’ETA doit aujourd’hui méditer. Il aura le temps, dira-t-on, avec les 2’775 ans de prison auxquels il a été condamné en Espagne. Autant dire qu’il est à l’ombre pour un moment. 2775, donc, pas un jour de plus. Ni de moins d’ailleurs, à moins qu’une remise de peine d’un tiers, par exemple, ne vienne adoucir la mesure, comme signe de bonne volonté des autorités. Condamné à demeurer derrière les barreaux jusqu’à la fin des temps ou presque, l’homme en question ne peut guère espérer sortir avant l’an 4780. Un vrai spécimen des années 2000 pour les générations futures. Bref, notre prisonnier aura de quoi voir venir. Surtout que les années les plus difficiles à passer derrière les barreaux sont les premières. Tous les prisonniers du monde vous le diront. Les premières centaines s’entend. N’importe quel juge le confirmera, fut-il espagnol. (apic/pierre rottet)

6 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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