Douze conférences en près d’un siècle

Athènes: La première Conférence mondiale sur la mission s’est ouverte à Athènes

Athènes, 10 mai 2005 (Apic) La première Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation du 21e siècle a commencé lundi à Athènes. Organisée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE), sous les auspices de l’Eglise orthodoxe de Grèce, elle rassemblera du 9 au 16 mai quelque 500 participants de nombreuses traditions chrétiennes.

Depuis 1910, douze conférences de la sorte ont déjà eu lieu, mais la rencontre d’Athènes est la première à se tenir dans un pays où la plupart des habitants appartiennent à l’Eglise orthodoxe.

C’est en 1054 qu’eut lieu la rupture entre Rome et Constantinople. De nombreux chrétiens orthodoxes en Grèce et ailleurs évoquent avec amertume la destruction de Constantinople, capitale du monde orthodoxe, 150 ans plus tard par les chrétiens latins au temps des Croisades.

Aujourd’hui, les activités missionnaires de certaines autres Eglises dans des pays traditionnellement orthodoxes sont dénoncées par les responsables orthodoxes qui les voient comme du prosélytisme et comme une tentative de gagner des convertis parmi leurs fidèles. L’un des objectifs de la rencontre d’Athènes, dont le thème est «Viens, Esprit Saint, guéris et réconcilie» est, entre autres, de débattre de ces questions. L’Eglise catholique romaine n’est pas membre du COE mais pour la première fois, elle envoie des délégués à Athènes. Auparavant, elle envoyait des observateurs. Des groupes évangéliques et pentecôtistes n’appartenant pas au COE sont également représentés.

«La tradition orthodoxe a une longue histoire au sein du COE mais la réalité est que certaines de nos autres Eglises membres ne rencontrent pas nécessairement des membres de la tradition orthodoxe dans leur travail quotidien», a expliqué la présidente de la Conférence, Ruth Bottoms, pasteur baptiste de Grande-Bretagne, lors d’une conférence de presse le lundi 9 mai, peu avant le début de l’Assemblée.

Mardi 10 mai, une croix de bois de quatre mètres devrait arriver sur la plage du centre de la conférence transportée par bateau sur la mer Egée. Réalisée par un artisan de Jérusalem, elle se veut un symbole de réconciliation et de guérison et une expression de la solidarité des Eglises avec les chrétiens du Moyen-Orient.

Ce même mardi, le secrétaire général du COE, le pasteur Samuel Kobia, et l’archevêque Christodoulos d’Athènes, responsable de l’Elise orthodoxe de Grèce, devraient s’adresser aux participants. Le jeudi 12 mai, les participants débattront de la relation entre la mission et la violence, à mi-parcours de la Décennie «vaincre la violence» (2001-2010), qui vise à promouvoir la réconciliation et la paix.

Des ateliers organisés pendant la conférence permettront aux participants de discuter de cas spécifiques, entre autres du processus de réconciliation au Rwanda après le génocide de 1994, de la mission chrétienne en Chine, et du rôle des femmes dans la mission. Le dimanche 15 mai, une cérémonie liturgique en plain air aura lieu sur l’Aréopage, sur la colline ou` il y a près de deux mille ans l’apôtre Paul délivrait son message missionnaire à un groupe de philosophes sceptiques.

Les douze Conférences sur la mission, de 1910 à 1996

– 1910 Edimbourg

La première conférence mondiale sur la mission, tenue à Edimbourg, en Ecosse, en 1910, est considérée comme le départ symbolique du mouvement oecuménique contemporain; elle fut exclusivement protestante et anglicane Elle a jeté également les bases de la fondation du Conseil international des missions (CIM), officiellement créé en 1921.

– 1928 Jérusalem

La première guerre mondiale, qui comprenait parmi les pays protagonistes des pays «chrétiens», avait profondément remis en question la notion de «civilisation occidentale» comme émanation de l’Evangile. La révolution communiste de 1917 en Russie a été également un défi à l’idée d’évangéliser le monde entier «en une génération».

– 1938 Tambaram, Inde

Tambaram, près de Madras, en Inde, accueille les participants, à la veille de la deuxième guerre mondiale, en pleine montée du fascisme dans certains pays d’Europe. Des représentants des Eglises dites «plus jeunes», qui résultaient des efforts missionnaires occidentaux, étaient en majorité à Tambaram.

– 1947 Whitby, Canada

La première Conférence sur la mission après la deuxième guerre mondiale a eu lieu à Whitby, au Canada. Elle reflétait les changements fondamentaux survenus dans ce qu’il était convenu d’appeler le monde «révolutionnaire» après la guerre. Il était nécessaire de reconstruire non seulement les pays mais aussi les relations entre les personnes qui avaient été en conflit. Les délégués abandonnèrent l’usage des termes pays «chrétiens» et «non chrétiens», et la Conférence devint célèbre de par son slogan «partenariat dans l’obéissance».

– 1952 Willingen, Allemagne

Les délégués à la rencontre de Willingen, en Allemagne, en 1952 se sont trouvés confrontés aux événements en Chine, où les missionnaires ont été expulsés après l’arrivée au pouvoir du parti communiste et de Mao Zedong en 1949.

– 1958 Achimota, Ghana

La Conférence mondiale sur la mission en 1958 à Achimota, près d’Accra, au Ghana, a accepté la fusion entre le Conseil international des missions (CIM) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui avait été fondé en 1948.

– 1961 New Delhi

En 1961, la «fusion» de l’IMC et du COE est devenue effective alors que les assemblées des deux organisations se réunissaient à 1961 à New Delhi. A partir de ce moment, il y eut une plus grande participation dans les Conférences mondiales sur la mission, y compris des orthodoxes et, peu après le Concile Vatican II (1962-65), des catholiques romains en tant qu’observateurs.

– 1963 Mexico

La première réunion de la Conférence sur la mission et l’évangélisation sous les auspices du COE s’est tenue à Mexico en 1963 autour du thème «Mission sur les six continents». A cette époque, de nombreux chrétiens, en particulier dans les pays occidentaux, considéraient positivement la sécularisation et la recherche de formulations non religieuses de la foi.

– 1972 Bangkok

A Bangkok, en Thaïlande, en 1972, les délégués ont été confrontés à l’injustice et à l’exploitation des pays en développement. Les Eglises d’Afrique ont proposé un «moratoire» temporaire sur l’envoi d’argent et de personnel en mission, de l’hémisphère Nord vers l’hémisphère Sud.

– 1980 Melbourne

La Conférence de Melbourne, en Australie, en 1980, a fait valoir le rôle spécial des pauvres et des opprimés dans la mission de Dieu et souligné les aspects radicaux du message évangélique.

– 1989 San Antonio

A San Antonio, aux Etats-Unis, en 1989, la Conférence s’est illustrée par une déclaration de consensus sur les relations entre le christianisme et les autres religions.

– 1996 Salvador de Bahia, Brésil

La dernière Conférence sur la mission au 20e siècle, tenue à Salvador de Bahia, au Brésil, en 1996, a centré son attention sur les liens entre l’Evangile et les cultures. (apic/eni/pr)

10 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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