Satisfaction du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux
Rome: Coopération entre chrétiens et bouddhistes dans les pays touchés par le tsunami
Rome, 17 mai 2005 (Apic) La coopération entre chrétiens et bouddhistes dans les pays touchés par le tsunami a été exemplaire. C’est le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, l’archevêque Michael L. Fitzgerald, qui a souligné cet engagement commun dans les pays de l’Asie du Sud et du Sud-Est frappés par la catastrophe.
Dans ses voeux adressés le 16 mai 2005 à l’occasion de la fête du Vesakh, la plus importante du bouddhisme, le prélat d’origine britannique souligne le besoin de collaboration entre les religions.
Cette lettre, intitulée «Bouddhistes et chrétiens solidaires», a été envoyée alors que l’Eglise catholique fête le quarantième anniversaire de la Déclaration «Nostra ætate» proclamée le 28 octobre 1965 par Paul VI sur les relations de l’Eglise catholique avec les religions non chrétiennes.
«Nulle part ailleurs que dans les pays de l’Asie du Sud et du Sud- Est, touchés par le tremblement de terre et par le tsunami qui l’a suivi le 26 décembre 2004, on ne ressent plus vivement le besoin de collaboration», relève Mgr Fitzgerald. Il a salué le travail des bouddhistes et chrétiens qui ont travaillé ensemble, main dans la main, pour venir en aide aux victimes. «A long terme, les exigences de reconstruction requièrent pourtant que soient poursuivies de telles manifestations interreligieuses de solidarité», a souhaité le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
Mgr Oswald Thomas Colman Gomis, l’archevêque de Colombo, au Sri Lanka, avait ainsi confié au correspondant de l’Apic le 7 mai dernier que si durant le tsunami, la collaboration entre les religions était exemplaire, maintenant que la situation s’améliorait, «les vieilles rivalités revenaient».
«Dans les pays où bouddhistes et chrétiens vivent et travaillent côte à côte, le ’dialogue de la vie’ qui en découle leur permet, tout en témoignant de leurs propres croyances, d’approfondir leur compréhension les uns des autres, d’encourager une bonne entente et de promouvoir des relations de bon voisinage», a par ailleurs expliqué Mgr Fitzgerald.
Et de souligner le lien particulier qui s’est développé entre des moines et des moniales catholiques et bouddhistes ces dernières années. «Ils se sont accueillis les uns les autres dans leurs monastères respectifs, s’associant pour des temps de silence, de méditation et de réflexion», a-t-il affirmé, soulignant la collaboration qui s’est développée dans le domaine social et, dans un monde marqué par la violence, pour la cause de la paix.
40e anniversaire de la déclaration de «Nostra ætate» du Concile Vatican II
Mgr Fitzgerald a enfin rappelé que cette année, l’Eglise catholique célèbre le quarantième anniversaire de la déclaration du deuxième Concile du Vatican sur ses relations avec les religions non chrétiennes «Nostra ætate». C’est pour lui un document «qui guide les catholiques dans leurs relations avec les personnes des autres traditions religieuses». «Les bouddhistes et les catholiques sont en mesure de se rencontrer, dans un esprit d’ouverture, de sincérité et de respect mutuel, s’engageant dans différentes formes de dialogue», a-t-il encore souligné.
La fête du Vesakh est célébrée le jour de la pleine lune du 6e mois lunaire, par des cérémonies et des processions autour des temples. Ce jour- là, la naissance, «l’illumination», et la mort de Bouddha sont commémorées. MS/AR/JB
Encadré
Un Conseil pontifical créé il y a 40 ans
Depuis sa création il y a 40 ans (d’abord en tant que Secrétariat pour les non-chrétiens), le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a développé quatre formes de dialogue avec les autres religions: ’le dialogue de vie’, le dialogue ’des oeuvres’, le dialogue ’du discours (ou échange théologique)’ et le dialogue ’de l’expérience religieuse’.
Prenant conscience de la pluralité religieuse existant dans le monde, le dicastère a décidé d’orienter ses efforts pour que les personnes appartenant à ces différentes religions puissent vivre ensemble comme de bons voisins, mettant ainsi en place un dialogue de vie.
Ainsi, en 1967, le Secrétariat pour les non-croyants a commencé à envoyer un message aux musulmans pour la fin du Ramadan. Plus récemment, le Conseil pour le dialogue inter religieux a ajouté l’envoi de messages annuels aux hindous et aux bouddhistes pour les fêtes respectives de Diwali et de Vesak. Selon Mgr Fitzgerald, «dans chaque message, on essaie de traiter un sujet qui nous tient à coeur. (.) Nous encourageons les responsables des Eglises dans les différentes parties du monde à rapporter ce message aux communautés musulmanes, hindous, bouddhistes». (apic/imedia/ms/ar/be)




