Contribuer à la paix dans leur pays
Rome: Benoît XVI encourage les évêques Burundais
Rome, 29 mai 2005 (Apic) Benoît XVI a encouragé les évêques Burundais à contribuer au processus de paix dans leur pays et à y développer leur action pastorale, notamment pour lutter contre les sectes. Le pape a reçu au Vatican les évêques du Burundi en visite ad Limina, dans la matinée du 28 mai .
Les souffrances endurées à l’occasion des heures sombres de la guerre civile au Burundi n’ont pas éteint le désir de l’Eglise de travailler à la fraternité et à l’unité entre tous, a souligné Benoît XVI dans son discours, lu en français, devant les évêques du Burundi. Il a rappelé qu’au cours de cette guerre (1993-2003), de nombreux chrétiens avaient témoigné de manière héroïque de leur foi. Il s’est ainsi particulièrement souvenu de Mgr Michael Courtney, nonce apostolique assassiné par des rebelles burundais le 29 décembre 2003.
Benoît XVI a alors expliqué que dans leurs rapports quinquennaux (Ndlr. la visite ad Limina des évêques d’un pays a lieu tous les cinq ans, et est préparée par des rapports quinquennaux sur la vie des diocèses, qui sont envoyés par les évêques à la curie et au pape, avant leur venue à Rome), les évêques burundais avaient fait «apparaître la part active que l’Eglise catholique prend à la promotion de la paix et de la réconciliation dans le pays, spécialement en cette période d’échéances électorales». Le pape a aussi souhaité «que le plan d’action pastorale élaboré à cet effet, ainsi que les synodes diocésains qui le mettront en oeuvre localement, contribuent à annoncer l’Evangile, à guérir les mémoires et les coeurs».
Burundi: une guerre civile de dix ans
Le Burundi a été en guerre civile de 1993 à novembre 2003, où un accord avait été conclu entre les différents mouvements politiques. Un accord signé le 23 mai dernier prévoit un cessez-le-feu permanent et un engagement à négocier, sans entraver le processus électoral. Ce dernier, qui s’échelonne du 3 juin 2005, date des élections communales, au 19 août prochain, date de l’élection présidentielle au suffrage universel indirect, est supervisé par l’Onu. Dans son dernier rapport sur le Burundi, son secrétaire général Kofi Annan a estimé que le Burundi était «sur la bonne voie pour devenir un pays stable et pacifique», mais que le processus de réforme n’était «pas encore irréversible».
Dans son discours, Benoît XVI a ensuite souligné que l’Eglise célébrait cette année le dixième anniversaire d’Ecclesia in Africa, promulgué par son prédécesseur. La première assemblée synodale pour l’Afrique avait été convoquée à Rome par Jean Paul II du 10 avril au 8 mai 1994 à la suite de quoi, il avait promulgué une Exhortation apostolique en 1995. Le nouveau pape a souhaité qu’elle demeure «la charte de l’engagement» des évêques «dans la mission qui leur est confiée, en communion avec les autres Église locales».
La tentation de se tourner vers les sectes
«Je vous encourage en particulier à porter une attention renouvelée à tous les fidèles, afin qu’il vivent toujours plus intensément les exigences de leur baptême», a-t-il aussi souhaité. Benoît XVI a alors souligné que beaucoup de personnes connaissant «la grande pauvreté et la détresse intérieure (.) sont tentées de retourner à des pratiques anciennes non purifiées par l’Esprit du Seigneur ou de se tourner vers les sectes». «Prenez soin d’elles, en dispensant une solide formation chrétienne, sans négliger les efforts d’inculturation, notamment dans le domaine de la traduction de la Bible et des textes du Magistère», a-t-il aussi demandé aux évêques. Il a expliqué que cela permettrait «d’assimiler toujours mieux le message évangélique», tout en restant fidèle aux «valeurs africaines authentiques».
Dans son discours, le pape a aussi salué Mgr Jean Ntagwarara, l’évêque de Bubanza et président de la Conférence épiscopale, pour son message, révélant «la vitalité spirituelle et missionnaire» des communautés diocésaines du pays. Il a alors remercié les prêtres, religieux et religieuses pour «leurs efforts apostoliques» au Burundi, «souvent dans des conditions difficiles», ainsi que les catéchistes et les fidèles.
Dans son adresse au pape lue auparavant, Mgr Ntagwarara a souligné le dynamisme de l’Eglise catholique au Burundi, manifesté par de nombreuses vocations et un nombre croissant de baptêmes. Il a aussi noté l’importance des «petites communautés écclésiales de base» qui constituent «une bonne protection contre les divisions ethniques et contre l’assaut des sectes, conséquences de la crise sociale profonde provoquée par la guerre civile». Il a également décrit les nombreuses souffrances de son pays : pauvreté, sécheresse, guerre civile, maladies, problème des réfugiés et des enfants des rues. (apic/imedia/ar/vb)




