Un dictionnaire des thèmes controversés
Rome: Version française d’un Lexique sur la famille, la vie et les questions éthiques
Rome, 1er juin 2005 (Apic) La version française du Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques a été publiée le 1er juin. Enrichi d’une douzaine d’articles par rapport à la version italienne de 2003, l’ouvrage qui paraît aux éditions Téqui a été présenté à Paris par le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical de la famille, responsable de ce nouveau volume.
Le Lexique aborde par ordre alphabétique des questions délicates et souvent controversées telles que l’euthanasie, l’homoparentalité, l’avortement, l’objection de conscience en politique ou la construction européenne.
Plusieurs experts ont travaillé à l’amélioration et à l’enrichissement de la version française. Sa présentation a été rédigée par Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence épiscopale française. Des efforts ont été faits pour rendre l’Index thématique plus exhaustif et la bibliographie plus complète avec des éléments biographiques des auteurs, sur 18 pages. Une entrée alphabétique des notions permet aussi une consultation facile de ce Lexique qui est vendu 60 euros.
Si aucun article de la publication originale en italien n’a été supprimé dans cette nouvelle version, une douzaine d’autres ont été ajoutés, portant ainsi le document à plus de 1000 pages. Le Lexique est le résultat de la compilation de textes de 73 auteurs.
Non à la libre orientation sexuelle
Ainsi, dans plusieurs articles, le psychiatre et prêtre français Tony Anatrella condamne la théorie selon laquelle «l’homme est libre de choisir l’orientation sexuelle qui lui plaît», le «déni de la réalité biologique et psychologique de l’homme» et insiste sur la nécessité de revaloriser l’éducation. Professeur de théologie morale à la Faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon, Xavier Lacroix fustige aussi cette idéologie dans un article intitulé ’homoparentalité’. Ce terme, explique-t- il, n’a pas de sens.
Dans un autre article, ’homosexualité et reconnaissance juridique des unions homosexuelles’, le père Tony Anatrella réprouve le mariage de personnes de même sexe, estimant que «l’homosexualité, telle qu’elle est revendiquée dans les pays économiquement développés, traduit davantage un malaise dans la civilisation qu’un réel progrès des consciences». Tony Anatrella estime en outre que «l’adoption d’enfants par des homosexuels est inacceptable». Il évoque en outre la question de l’homosexualité des prêtres, reconnaissant que «certaines personnes n’ont forcément pas eu conscience de leur tendance au cours de la formation pendant que d’autres échappaient au discernement des formateurs». Il note que «l’Eglise demande à ce sujet une très grande vigilance» et affirme qu’il est nécessaire d’»être parvenu à la maturité affectivo-sexuelle pour être en mesure de vivre le célibat sacerdotal».
Pour l’objection de conscience en politique
Abordant des questions plus politiques, Mgr Michel Schooyans, professeur émérite de l’Université catholique de Louvain, souligne dans son article intitulé ’l’objection de conscience en politique’ que, «au nom du pluralisme, trop de chrétiens se laissent dépouiller de leur propre morale, au point d’adhérer à une conception perverse de la démocratie». Il juge «consternant de lire les signatures qui se trouvent au bas des lois légalisant l’avortement en France, en Belgique, en Italie et ailleurs». «La loi légalisant l’avortement intègre les législateurs et leurs collègues au cortège lugubre des marchands de mort», ajoute-t-il avant d’affirmer que, «dans ce monde où le droit à la vie ne tient qu’a un fil appelé consensus, le chrétien doit apparaître comme signe de division».
«Un Etat se disant démocratique et qui légalise l’avortement, et bientôt l’euthanasie, s’interroge encore Mgr Schooyans, n’inscrit-il pas dans ses lois un principe de discrimination entre des êtres humains qui seraient admis à vivre et d’autres dont la vie pourrait être supprimée?» Il explique ensuite que «les parlementaires et législateurs nationaux sont muselés et insensiblement dépossédés sur leur pouvoir de légiférer sur les matières relatives à la vie humaine» en raison des instruments de droits internationaux – pactes, conventions, protocoles – signés par les Etats membres de l’Onu ou de l’Union européenne.
L’Union européenne livrée à des anti-chrétiens
La construction européenne et l’entrée des pays de l’est dans l’Union, estime Mgr Michel Schooyans, ne doit pas se faire «au prix d’une révolution culturelle destructrice des valeurs pour lesquelles tant de témoins ont donné leur vie, ni au prix d’une renonciation à la souveraineté des nations». «Alors que l’Union européenne est livrée à une minorité incontrôlée de technocrates à forte dominante anti-chrétienne, voire maçonnique, les pays membres de l’Union ont besoin des pays de l’est pour protéger leurs valeurs traditionnelles sans lesquelles l’unité de l’Europe sera bâtie sur le sable», lance-t-il ensuite.
Mgr Schooyans écrit dans un autre article, ’acharnement thérapeutique et soins palliatifs’, que «l’euthanasie n’offre pas une alternative acceptable à l’acharnement thérapeutique», ajoutant qu’il souhaite la multiplication des centres de soins palliatifs. Dans ce domaine, il invite aussi à ce que les médecins fassent la différence «entre la légalité et la moralité», eux qui ont «trop souvent (.) tendance à s’aligner sur la loi».
Dans une autre communication, intitulée ’tolérance et inquisition laïqué, le prélat belge accuse le «laïcisme» de vouloir «étouffer la voix de l’Eglise» en se revendiquant «gardien de la tolérance».
Les chrétiens ne doivent pas «vivre comme tout le monde»
Mgr Jean-Louis Bruguès, dominicain et évêque d’Angers, propose quant à lui un commentaire sur les mots de ’morale’ et d’’éthique’, affirmant que leur origine est rigoureusement identique. Le rôle social de la famille et ses devoirs dans la société sont ensuite soulignés dans un texte intitulé ’Famille et démocratie’, rédigé par l’ingénieur français Paul de Viguerie. ’Le mariage unique et définitif’, c’est ainsi que s’intitule l’article du nouvel archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois. Il analyse les raisons qui poussent ceux qui persistent à se marier à l’Eglise et précise que face au PACS (Pacte civil de solidarité, contrat entre deux personnes majeures de sexe différent ou de même sexe pour organiser leur vie commune, ndlr), aux divorces et aux remariages, les chrétiens ne doivent pas accepter de «vivre comme tout le monde».
Enfin, dans un article sur ’la pastorale des divorcés remariés’, l’archevêque de Toulouse, Mgr Emile Marcus, reconnaît que cette question «fait souffrir et oppose les prêtres», que l’attitude de l’Eglise est parfois «mal adaptée, doctrinalement mal expliquée et pastoralement fluctuante». Devant l’interdiction faite aux divorcés de se remarier à l’Eglise ou de communier, Mgr Marcus note qu’il est «urgent d’harmoniser l’action pastorale» et la «réponse à donner», dans le respect des normes de l’Eglise, afin d’éviter «des accommodements liturgiques insolites» ou des «acrobaties doctrinales». (apic/imedia/ami/bb)




