Les suites de l’affaire Konrad Hejmo
Pologne: L’Eglise catholique rejette l’idée d’un contrôle des prêtres de l’ère communiste
Varsovie, 3 juin 2005 (Apic) Le responsable de l’Eglise catholique en Pologne l’archevêque Michalik, a rejeté les demandes d’examen à l’égard du clergé ayant fonctionné durant l’ère communiste. Ces sollicitations interviennent après qu’un prêtre polonais ait été accusé d’être un ancien collaborateur de la police secrète et d’avoir livré des informations sur Jean Paul II pendant une vingtaine d’années.
«Nous n’avons pas peur de la vérité, que ce soit sur nous ou nos péchés», a affirmé l’archevêque Michalik, président de la Conférence épiscopale polonaise, dans une déclaration reprise par l’agence oecuménique ENI. «Mais nous devons aussi révéler les noms de ceux avec qui des prêtres ont collaboré et qui les ont obligés à le faire. C’est ce qui est exigé au nom des principes de justice sociale.»
Selon l’archevêque Michalik, l’Institut de la mémoire nationale, en charge des dossiers de l’ère communiste, a agi injustement en nommant publiquement le prêtre accusé d’avoir collaboré, Konrad Hejmo, sans lui permettre de consulter les dossiers réunis contre lui. Ce dominicain qui était responsable du centre d’accueil des pèlerins polonais à Rome, a nié avoir été un agent secret et affirmé n’avoir jamais «consciemment donné des informations» sur l’Eglise. Il a admis avoir seulement transmis des informations sur l’Eglise à une connaissance en Allemagne en qui il avait toute confiance.
L’examen du clergé n’est pas une tâche de l’Eglise
Pour l’archevêque Michalik, l’examen du clergé n’est pas «une tâche de l’Eglise» et les «péchés des prêtres» ne sont pas «différents des péchés des laïcs». Toutefois, plusieurs autres évêques et responsables religieux ont déclaré qu’ils voulaient examiner les archives de l’Institut, selon l’agence ENI.
Soeur Jolanta Oleck, présidente de la Conférence des supérieures générales des Instituts féminins de Pologne, a précisé qu’un petit nombre seulement des 23’000 religieuses du pays avaient occupé des positions importantes qui en auraient fait des cibles de chantage. A ses yeux, le but de la recherche serait «d’obtenir des informations, plutôt que de rechercher des informateurs». «Nos communautés ont été infiltrées et certaines religieuses forcées de collaborer», a déclaré Sr Jolanta à l’agence catholique polonaise KAI. «Nous avons besoin de la vérité, mais de la vérité à travers l’amour et non à travers des procès.»
Certains observateurs estiment que 10% des membres du clergé catholique romain auraient servi d’informateurs pour le régime communiste. (apic/eni/bb)




