La réunification ne se fera pas sans conditions, fixées par Moscou

Russie: Rapprochement entre l’Eglise russe hors frontière et le patriarcat de Moscou

Moscou, 8 juillet 2005 (Apic) Le patriarcat orthodoxe de Moscou est sur le point de mettre fin à la division de 80 ans avec l’Eglise orthodoxe russe hors frontières qui assurait sa propre gestion depuis le schisme causé par la révolution bolchevique de 1917. Cette réunification pourrait néanmoins entraîner une réduction des liens avec d’autres Eglises chrétiennes.

L’Eglise orthodoxe russe hors frontières a été créée dans les années 1920, principalement par des exilés qui ont fui la persécution bolchevique. Elle compte neuf diocèses en Amérique du Nord et du Sud, en Europe occidentale, et dans l’ancienne Union soviétique. L’Eglise hors frontières accusait le patriarcat de Moscou de collaborer avec les dirigeants soviétiques. Ce n’est qu’en 2001 qu’elle a repris les échanges officiels avec le Synode orthodoxe russe.

Selon le plan de rapprochement des Eglises, contenu dans un document que cite l’Agence oecuménique ENI, l’Eglise orthodoxe russe hors frontière deviendra une partie autonome de l’Eglise orthodoxe russe, qui est dirigée par le patriarche de Moscou et de toute la Russie, Alexis II.

«Les déclarations, décisions officielles et les courriers» exprimant le rejet mutuel depuis les années 20 ne seront plus considérés comme valides une fois que la communion complète sera rétablie.

Les deux Eglises précisent qu’elles vont limiter les contacts avec les Eglises non orthodoxes aux projets de bienfaisance et programmes éducatifs, et ne s’associeront aux cérémonies et discussions que si celles- ci sont conformes à l’enseignement orthodoxe, à la discipline canonique et aux besoins ecclésiastiques. «En particulier, il n’est pas permis aux orthodoxes de participer aux actions liturgiques liées aux soi-disant services religieux oecuméniques ou interconfessionnels», spécifie le document qui ajoute: «Une partie importante du monde protestant dans le cadre de son développement s’est engagée sur la voie du libéralisme humaniste … changeant par caprice les normes de moralité et les enseignements dogmatiques établies par la volonté divine».

Conséquences

Les Eglises orthodoxes, qui réexaminent leurs relations avec «diverses confessions et organisations interconfessionnelles», se sentiront obligées de se retirer de groupes interreligieux si des «orientations négatives» se poursuivent.

Le document fixe d’autres préalables: «Une condition de la participation de l’Eglise orthodoxe aux organisations interconfessionnelles, entre autres le Conseil oecuménique des Eglises (COE), sera l’exclusion du syncrétisme (mélange de doctrines) religieux».

En juin, pourtant, le patriarche Alexis II avait déclaré au secrétaire général du COE, le pasteur Samuel Kobia, que son Eglise avait apprécié la solidarité démontrée par d’autres chrétiens envers les chrétiens orthodoxes russes sous le régime communiste. Ajoutant que l’unité chrétienne était actuellement freinée par une «interprétation arbitraire des clauses de la loi morale chrétienne» et par «les différences croissantes dans l’enseignement et la pratique de la vie ecclésiale». (apic/eni/pr)

8 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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