Hongrie: L’Eglise catholique contre l’»intégration forcée» des enfants défavorisés
Emoi après l’affirmation du secrétaire de la Conférence épiscopale
Budapest, 8 juillet 2005 (Apic) La Conférence des évêque catholiques de Hongrie, par la voie de son secrétaire, a provoqué l’émoi en Hongrie, en se prononçant dans une déclaration contre l’intégration des «enfants désavantagés», qui nuirait, aux dires des prélats, à «l’épanouissement des capacités intellectuelles et spirituelles des enfants ’sains’».
Cette déclaration a causé une vive réaction du ministère de l’Education, dont l’objectif prioritaire est de mettre un terme à la ségrégation qui frappe les enfants désavantagés, et notamment les enfants tziganes, dans une grande partie des écoles hongroises.
La conférence des évêques du pays s’est prononcée contre «l’intégration forcée» dans les écoles d’enfants des milieux défavorisés. Selon les évêques, ils «ralentissent» l’apprentissage des autres.
Dans une lettre publiée vendredi par le quotidien hongrois Nepszabadsag, les évêques expliquent leur position, par la voie du secrétaire de la Conférence: «Au nom de l’égalité des chances, nous protestons contre l’intégration forcée et contre ses effets secondaires irréversibles».
La réaction n’a pas tardé: «Il faut croire que les évêques ne comprennent pas le concept d’égalité des chances ou bien ils l’interprètent d’une façon bien spéciale», a déclaré Gabor Daroczi, commissaire auprès du ministère.
M. Daroczi a ajouté que la lettre du secrétaire de la Conférence des évêques fait une différence injuste entre les enfants «socialement désavantagés» et les enfants «sains», et que dans cette optique, «les pauvres ne devraient pas avoir le droit d’entrer dans une église».
En l’absence de Mgr Veres, en vacances, la conférence catholique s’est refusée à tout commentaire, indique l’Agence France presse. En Hongrie, pays qui a rejoint l’Union européenne en 2004, près de 5% de la population est d’origine tzigane. (apic/ag/pr)




