L’Eglise demande au sénat de bloquer le mariage homosexuel
Canada: Mariage homosexuel: représentants des évêques reçus par le sénat
Québec, 14 juillet 2005 (Apic) Le comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles du Canada a reçu le 13 juillet les deux représentants de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) dans le cadre d’une audience portant sur le mariage entre personnes du même sexe.
L’Eglise catholique, par la voix du cardinal Ouellet, archevêque de Québec et primat de l’Eglise catholique au Canada, a prié le Sénat de bloquer le mariage homosexuel au Canada.
L’Alliance évangélique du Canada, l’Eglise Unie, de même que des membres de l’Organisation mondiale sikh et du Congrès islamique des imams ont plaidé la même cause devant les sénateurs. Le Sénat peut tout au plus bloquer et forcer le renvoi aux Communes d’une loi précédemment votée, prérogative rarement utilisée.
Le cardinal Ouellet, ainsi que Hélène Aubé, avocate et mère de famille, de Gatineau, ont ainsi défendu devant ce comité «la définition traditionnelle du mariage», la qualifiant d’»union exclusive d’un homme et d’une femme». Les représentants de l’Eglise catholique ont ainsi présenté un mémoire aux 12 membres du Sénat qui siègent à ce comité.
Au nom de la Conférence des évêques catholiques du Canada, le cardinal Ouellet et Hélène Aubé, de Gatineau, ont présenté un mémoire sur le projet de loi C-38 (redéfinition du mariage) aux membres du Comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles. Tous les deux, ils ont exhorté mercredi le Sénat canadien à ne pas adopter la loi sur le mariage homosexuel votée fin juin à la Chambre des Communes canadienne. Le cardinal Ouellet a supplié la chambre haute non élue du Parlement de «sauver l’institution fondamentale» du mariage, dans un mémoire présenté au nom de la Conférence des évêques catholiques du Canada.
«Nous avons vraiment besoin actuellement de fortifier le lien entre l’homme et la femme et donc la famille si l’on veut donner un avenir et des enfants à la société», a déclaré Mgr Ouellet, pour qui la loi votée le 28 juin par les Communes n’est rien de moins qu’une menace.
Distorsion
Selon ce document, le mariage homosexuel est une «distorsion de l’institution naturelle du mariage» puisque celle-ci est «dans son essence» une institution hétérosexuelle porteuse d’un «potentiel créateur», absent dans les unions entre conjoints de même sexe.
Dans le document, les évêques catholiques dénoncent vigoureusement l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, prévue par la loi. Ils craignent entre autres la création de deux catégories d’enfants: «ceux qui auraient droit à une éducation assurée par leurs deux parents biologiques» et ceux qui s’en «verraient privés».
L’Eglise catholique du Canada, estime que «contrairement à ceux qui cherchent à nous renvoyer dans la sphère religieuse chaque fois que nous prenons la parole, nous sommes convaincus que le débat actuel est avant tout un débat social sur la nature et la valeur du mariage».
Au pays, des voix nombreuses se sont élevées pour dénoncer le projet gouvernemental qui ne correspond pas aux besoins réels ni aux attentes légitimes de la population du Canada, a constaté le cardinal. «Beaucoup estiment qu’il est fondé sur une fausse compréhension de l’égalité fondamentale entre les personnes. Sur une fausse compréhension de la dignité humaine. Sur une fausse compréhension des droits des minorités. Sur une mauvaise interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés. Et sur une compréhension tronquée de la liberté de religion. Nous sommes de ceux-là».
L’Etat n’a pas inventé le mariage
Et le cardinal Ouellet d’enchaîner: «Cet immense malentendu risque d’entraîner le Canada sur une pente glissante, contraire au bien commun de ses citoyennes et citoyens, car il menace l’institution naturelle qui est le fondement le plus solide de la famille, elle-même unité de base de la société. Nous ne parlons pas d’une réalité anodine, mais de la pierre angulaire de notre structure sociale. Ni l’Etat ni les religions n’ont inventé le mariage ni déterminé ses composantes naturelles. Ils n’ont fait que réglementer une réalité qui existait». Et de tirer ce constat: «On aura beau, pourtant, semer la confusion en modifiant indûment la définition des mots, cela ne changera rien à la réalité objective du mariage – une institution hétérosexuelle dans son essence».
Contre-coup
L’Eglise catholique interpelle enfin le gouvernement: A l’heure où le gouvernement s’apprête à redéfinir le mariage en invoquant la nature évolutive de la Constitution canadienne, sans doute faut-il aussi rappeler un principe fondamental qui doit présider à l’élaboration des lois pour qu’elles soient justes et méritent ainsi l’appui et le respect des citoyennes et citoyens. Les lois sont établies pour faire respecter l’ordre social. Or, un ordre social n’est valable que s’il respecte l’ordre inscrit dans la nature humaine elle-même. A partir du moment où des lois contredisent cet ordre naturel, elles deviennent injustes et risquent alors de provoquer divisions et dissensions, engendrant plutôt un désordre social.
Les évêques canadiens se disent également particulièrement préoccupés par l’impact prévisible d’une redéfinition du mariage sur les citoyens les plus vulnérables : les enfants canadiens. «On ne peut faire fi de leurs besoins et de leurs droits en s’imaginant que la société de demain n’en subira pas le contre-coup». Sur quelques générations d’enfants, concluent les évêques. (apic/ag/com/pr)




