Irak: Amnesty International dénonce les groupes armés qui sévissent dans le pays

«Mépris absolu» des civils et «crimes contre l’humanité»

Londres, 25 juillet 2005 (Apic) Les groupes armés en lutte contre l’armée américaine en Irak perpétuent «un cycle de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité», faisant ainsi «preuve d’un mépris absolu pour la vie des civils irakiens et étrangers», selon Amnesty International. AI relève également que les troupes d’occupation ont elles-mêmes perpétré de graves violations des droits humains, notamment des homicides de civils et des actes de torture infligés à des prisonniers.

«Les groupes armés qui s’opposent à la force multinationale dirigée par les États-Unis et au gouvernement irakien font preuve d’un mépris absolu pour la vie des civils irakiens et étrangers, en perpétuant un cycle de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité», estime Amnesty International (AI) dans un nouveau rapport publié lundi à Londres.

Dans son rapport de 50 pages, intitulé «In Cold Blood: Abuses by Armed Groups», Amnesty International reconnaît que nombre d’Irakiens sont hostiles à la présence permanente des forces américaines et alliées dans leur pays. Ces troupes elles-mêmes ont perpétré de graves violations des droits humains, notamment des homicides de civils et des actes de torture infligés à des prisonniers.

Les violences commises par un camp ne sauraient justifier celles de l’autre camp. C’est d’autant plus vrai lorsque les principales victimes sont de simples citoyens, des hommes, des femmes et des enfants qui tentent de vaquer en paix à leurs occupations quotidiennes. Pour AI, toutes les parties au conflit ont l’obligation première de respecter les droits des civils et des personnes sans défense. Il faut mettre un terme aux activités de ceux qui violent cette obligation, quel que soit leur camp, et les amener à rendre compte de leurs actes.

Dans son rapport, AI cite un ministre du gouvernement irakien, qui a déclaré en avril 2005 que près de 6’000 civils avaient été tués et 16’000 blessés dans le cadre des attaques menées par des groupes armés de mars 2003 à mars 2005. «Toutefois, ajoute le rapport, au regard de la fréquence des attaques et de la gravité de la situation en matière de sécurité, il est impossible de calculer avec précision le réel tribut que paie la population civile, d’autant que nombre d’Irakiens ne manqueront pas d’en subir les conséquences à long terme».

Les limites de l’acceptable

«Ceux qui ordonnent ou commettent de telles atrocités dépassent les limites de l’acceptable. Quel honneur ou quel héroïsme y a-t-il à faire sauter des gens qui vont prier ou à assassiner un otage terrorisé? Ceux qui se livrent à de tels actes sont des criminels, rien de moins (…)», accuse Amnesty.

Par ailleurs, l’organisation demande aux principaux dignitaires religieux et aux personnalités influentes en Irak et à l’étranger «de condamner l’indéfendable et de faire clairement savoir qu’aucune circonstance ne saurait autoriser ni justifier les crimes de guerre ni les crimes contre l’humanité». (apic/com/pr)

25 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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