Israël: Des colons prient pour une suspension du retrait de Gaza
Tel Aviv, 15 août 2005 (Apic) Des dizaines de milliers de colons juifs et d’opposants au retrait israélien de la bande de Gaza ont prié le 14 août, jour de la célébration du Ticha Bé Av, jour de deuil et l’une des grandes dates du calendrier juif, pour une suspension de dernière minute du plan de désengagement du premier ministre israélien Ariel Sharon. Ticha Bé Av est un jour de deuil commémorant la destruction des deux temples et la prise de Jérusalem par les Romains il y a plus de 2’000 ans. Cette année, il coïncide avec le plan de retrait de 9’000 colons israéliens de Gaza qui met fin à 38 années d’occupation israélienne. Ce jour de deuil a pris une connotation supplémentaire pour des juifs ultranationalistes car c’est aussi le dernier jour que les colons seront autorisés à vivre à Gaza avant que la police et les soldats ne viennent les évacuer.
Rome: Benoît XVI invite à ne pas retirer les crucifix des lieux publics
Crucifix, crèches et cours de religion: agacements
Rome, 15 août 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI a invité à rendre Dieu visible et à ne pas retirer les crucifix des lieux publics, le 15 août 2005, revenant ainsi sur une polémique apparue deux ans plus tôt en Italie.
Ces paroles ont été prononcées au cours de l’homélie d’une messe célébrée en tout début de matinée dans l’église paroissiale de Castel Gandolfo, tout près de sa résidence d’été, à une trentaine de kilomètres de Rome, cela, alors qu’une autre controverse est apparue au coeur du mois d’août sur la fréquentation par les lycéens italiens des cours de religion.
Célébrant la messe au jour de la fête de l’Assomption de la Vierge dans la paroisse de Castel Gandolfo, Benoît XVI a demandé à ce que «Dieu soit visible dans les lieux privés et publics, que Dieu soit présent dans la vie publique par le symbole de la croix». Cet appel lancé par le pape dans une homélie apparemment improvisée faisait référence à une polémique apparue en octobre 2003 en Italie sur la présence de crucifix dans les lieux publics, particulièrement les écoles.
Dans son homélie, Benoît XVI a ainsi affirmé que «là ou Dieu disparaît, l’homme ne devient pas plus grand mais perd sa dignité, il devient le fruit d’une évolution aveugle». «L’époque moderne, a ainsi noté le pape, a crû qu’en mettant Dieu de côté et qu’en suivant seulement nos propres idée et notre volonté nous serions devenus vraiment libres, mais cela ne s’est pas passé ainsi». «Seul si Dieu est grand, a-t-il ajouté, l’homme aussi est grand». Ainsi, il a invité à «appliquer tout cela dans la vie quotidienne», demandant que «Dieu soit visible» en tout lieu.
Crucifix décrochés
De très nombreux habitants de Castel Gandolfo ont assisté à la messe présidée par le pape dès 8h15 dans l’église paroissiale ’San Tommaso di Villanova’. Le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano a participé à la messe, ainsi que l’évêque d’Albano, Mgr Marcello Semeraro, et le secrétaire particulier du pape, le père Georg Gänswein. Au premier rang était assis le propre frère du pape, Mgr Georg Ratzinger, brièvement hospitalisé début août dernier à Rome pour la pose d’un pacemaker et qui se repose près de son frère à Castel Gandolfo.
Les propos de Benoît XVI relancent la polémique apparue fin 2003 en Italie sur la présence ou non de crucifix dans les lieux publics. Ainsi, le président de l’Union des Musulmans d’Italie proche des réseaux fondamentalistes ultras, Adel Smith, avait déposé une plainte contre la présence de crucifix dans les salles de classe de l’école d’Ofena fréquentée par ses enfants, à 125 km au nord-est de Rome.
En octobre 2003, le Tribunal de l’Aquila avait demandé que les crucifix soient décrochés des murs de l’école. Le juge avait en effet estimé que ses symboles «montrent la volonté sans équivoque de l’Etat de placer le catholicisme au centre de l’univers (.) dans les écoles publiques, sans la moindre considération pour le rôle des autres religions dans l’histoire de l’humanité». Un jugement annulé en appel par l’Etat, en raison des lois encore en vigueur de 1923 stipulant que le crucifix doit être présent dans les salles de classe.
Cet épisode avait fait couler beaucoup d’encre en Italie et provoqué la colère des représentants de l’Eglise. Jean Paul II lui-même, le 31 octobre 2003, était monté au créneau en s’adressant aux ministres de l’Intérieur de l’Union européenne présents à Rome. «La reconnaissance du patrimoine religieux spécifique d’une nation nécessite la reconnaissance des symboles qui la qualifient», avait alors affirmé le pape polonais. Pour lui, «si, au nom d’une mauvaise interprétation du principe d’égalité, on renonçait à exprimer de telles traditions religieuses (.), la fragmentation des sociétés actuelles multiethniques pourrait facilement se transformer en un facteur d’instabilité et donc de conflit». «La cohésion sociale et la paix ne peuvent être obtenues en effaçant le patrimoine religieux de chaque peuple», précisant qu’un tel geste «serait peu démocratique, parce que contraire à l’âme des nations et aux sentiments de la majorité de leurs populations».
Dérive de la laïcité
De son côté, dans un long entretien accordé le 19 novembre 2004 au quotidien italien La Repubblica, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait dénoncé la dérive de la laïcité vers une idéologie ne laissant plus de place au fait religieux. «Le laïcisme n’est plus cet élément de neutralité qui ouvre des espaces à la liberté de tous», avait déclaré le cardinal Ratzinger, précisant qu’il «commence à se transformer en une idéologie qui s’impose par le biais du politique qui ne concède pas d’espace public à la vision catholique et chrétienne, et qui risque ainsi de devenir une chose purement privée et, au fond, mutilée».
Fn 2004, une autre polémique sur les symboles catholiques a agité l’Italie, autour de la présence de crèches dans les écoles publiques. Afin de respecter les enfants d’autres traditions religieuses, des écoles avaient décidé de les retirer. Le 8 décembre 2004, le cardinal Camillo Ruini, vicaire du diocèse de Rome et président de la Conférence épiscopale, avait appelé les Italiens, à s’opposer à ce retrait sous prétexte du respect de la sensibilité de chacun. Puis, le 12 décembre suivant, Jean Paul II avait présenté les crèches comme «un élément de notre culture et de l’art mais, avant tout, un signe de foi en Dieu».
Au coeur du mois d’août 2005, une autre polémique est apparue sur la fréquentation des cours de religion en Italie. Dans son édition du 11 août 2005, le quotidien italien «La Repubblica» a présenté des chiffres inquiétants pour l’Eglise sur la forte baisse de fréquentation des cours de religion dans les lycées. Ainsi, le pourcentage des lycéens dispensés de «l’heure de religion» serait passé de 11,7 % en 2001 à 37,6 % en 2005. Des chiffres non confirmés par le ministère italien de l’Education, mais qui donnent lieu à des réactions agacées de quelques évêques de la péninsule. (apic/imedia/ami/pr)




