Un pas en avant dans le dialogue oecuménique

Cologne: Les représentants des Eglises chrétiennes ont apprécié le message du pape

Antoine-Marie Izoard – Ariane Rollier, agence I.Media

Cologne 21 août 2005 (Apic) Les représentants des Eglises chrétiennes ont affirmé à la sortie de leur rencontre avec Benoît XVI à Cologne, dans la soirée du 19 août, que le pape allemand a fait un pas en avant dans l’oecuménisme. Au sortir de leur entrevue à huis clos avec le pape, les représentants des Eglises chrétiennes ont tenu une conférence de presse à deux pas de l’archevêché de Cologne.

Prenant la parole au nom de tous, l’évêque luthérien de Berlin, Wolfgang Huber, a qualifié cette rencontre de «pas important pour l’avenir», même s’il a reconnu que l’oecuménisme traversait une période où les différentes Eglises tentent de réaffirmer leur identité. Il a noté les «nombreuses positions communes» comme les «différences persistantes» entre les Eglises.

«Nous avons essayé de regarder sur quels points nous pouvons travailler pour l’avenir», a encore expliqué le prélat luthérien, soulignant qu’ils avaient évoqué le rassemblement des JMJ en cours à Cologne et insisté sur la nécessité de «faire s’approcher de l’Evangile les générations futures».

«Nous devons trouver un moyen d’aller jusqu’à la table du Seigneur», a aussi affirmé le chef de l’Eglise luthérienne allemande qui s’est dit, par ailleurs, «très touché» que le pape ait improvisé autour de la question du ministère consacré qui les divisent. «Il nous a montré le chemin qu’il veut prendre en faisant le lien entre le ministère et les Ecritures, ce qui peut permettre de ne pas nous figer sur des détails», a encore noté Wolfgang Huber. Pour lui, «le pape a montré sa priorité: l’unité des Eglises, dans la diversité».

Intervenant brièvement, un métropolite orthodoxe s’est dit «très ému» d’avoir pu rencontrer à nouveau Joseph Ratzinger, qui fut son professeur par le passé. Il a estimé qu’il s’était agit d’un «vrai dialogue entre catholiques, orthodoxes et protestants».

Pour des pas concrets de rapprochement

Rencontrant une trentaine de représentants des différentes confessions chrétiennes d’Allemagne à l’archevêché de Cologne dans la soirée du 19 août, Benoît XVI avait rappelé son engagement en faveur de l’oecuménisme et affirmé qu’il attendait «des nouveaux pas concrets de rapprochement» entre les Eglises.

Précisant qu’il n’entendait pas développer un programme pour les thèmes immédiats du dialogue, qui est la «tache des théologiens en collaboration avec les évêques», le souverain pontife avait cependant souligné deux points pour le dialogue oecuménique.

En premier celui des «questions ecclésiologiques, et spécialement du ministère consacré, c’est-à-dire du sacerdoce». Ces questions, a-t-il expliqué, «sont inséparablement liées à la question du rapport entre Ecriture et Eglise, c’est-à-dire de l’exigence de la juste interprétation de la Parole de Dieu et de son développement dans la vie de l’Eglise». Catholiques et les protestants sont, par exemple, divisés sur la question de la succession apostolique ainsi que celle du ’ministère’ des laïcs et des femmes.

L’autre priorité avancée par Benoît XVI dans le dialogue oecuménique est «constituée par les grandes questions éthiques posées par notre temps». Dans ce domaine, le pape a souhaité «une réponse commune de la part des chrétiens», regrettant qu’à cause des «contradictions» qui apparaissent parfois, «le témoignage évangélique et l’orientation que nous devons aux fidèles et à la société perdent de leur force». «Nos divisions sont en contradiction avec la volonté de Jésus et font que nous ne sommes plus crédibles devant les hommes», a encore insisté le pape. Ainsi, les positions protestantes et catholiques divergent sur des questions comme l’avortement ou l’homosexualité. (apic/imedia/ami/ar/bb)

21 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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