L’ancien secrétaire de Jean Paul II applaudi par les fidèles
Cracovie: Mgr Stanislas Dziwisz a pris possession de l’archevêché de Cracovie
Cracovie, 28 août 2005 (Apic) Mgr Stanislas Dziwisz, l’ancien secrétaire particulier du pape Jean Paul II, a pris possession samedi 27 août de l’archevêché de Cracovie, au sud de la Pologne. Emu, faisant face à la foule immense, le fidèle ami de Karol Wojtyla a, dans son homélie, évoqué à de nombreuses reprises la personnalité de celui qui l’a précédé à la tête de son nouvel archevêché.
Se définissant comme le «frère» des quelque 70’000 personnes rassemblées sur le parvis de la place centrale de Cracovie, Mgr Dziwisz leur a expliqué que par son histoire, il était lié à cette ville et à son Eglise à laquelle il a toujours porté beaucoup «d’amour». Il a aussi affirmé qu’il était désormais «pasteur», selon la charge que Benoît XVI lui avait confiée. Il a aussi assuré le pape de sa gratitude, de son dévouement et de sa pleine obéissance.
Maintes fois chaleureusement applaudi, celui qu’on appelait au Vatican «Don Stanislao», a évoqué à plusieurs reprises la figure de son saint patron ainsi que celle de Jean Paul II, qu’il considère comme «le saint de nos jours».
Expliquant aux fidèles qu’il avait le privilège de pouvoir se servir du bâton pastoral utilisé par le cardinal Wojtyla, le prélat de 66 ans leur a aussi confié qu’il se rendait ainsi compte de «la succession sacrée» dans laquelle il s’inscrivait en temps qu’archevêque de Cracovie. Il a encore demandé au public de «prier pour que je sois un maillon fort» de cette chaîne millénaire. Mgr Dziwisz a aussi décrit son nouveau ministère en prenant l’image biblique du ’bon pasteur’.
Un long hommage à Jean Paul II
Puis, le nouvel archevêque a rendu un long hommage à Jean Paul II, qui était convaincu que «l’homme est la voie de l’Eglise» et qui oeuvra aussi dans l’histoire pour porter la libération aux pays d’Europe de l’Est. «Notre remerciement va à Dieu pour un si grand pape», «vrai ami des hommes et spécialement des jeunes, défenseur infatigable de la vie, apôtre d’espérance dont nous avons tant besoin» aujourd’hui, a-t-il déclaré. Ses propos ont été accueillis par des vifs applaudissements.
«Je me demande si j’arriverai à assurer la tâche», a-t-il lancé, alors que répondaient les applaudissements encourageants de l’assemblée. Mgr Dziwisz a aussi salué les hommes politiques présents, les malades et les souffrants, les jeunes, les travailleurs, ceux ayant contribué au maintien de l’Eglise de Pologne, le cardinal Franciszek Macharski, son prédécesseur à la tête de l’archevêché, les prêtres, religieux et séminaristes du diocèse, les scientifiques et personnes du monde de la culture, ainsi que les membres des autres Eglises chrétiennes et les juifs, «nos frères aînés dans la foi».
«Du haut du ciel, Jean Paul II m’a ramené à Cracovie»
L’archevêque polonais a expliqué qu’il assumait sa «grande tâche avec humilité», profondément convaincu que du haut du ciel, Jean Paul II l’avait ramené à Cracovie. «J’espère qu’il sera toujours avec nous, me prendra par la main et me conduira», a-t-il souhaité.
Mgr Dziwisz a choisi comme devise épiscopale «sursum corda» – «haut les coeurs» -, paroles utilisées par Jean Paul II lui-même lors de sa visite à Zakopane, en Pologne, en 1997. Ses armes représentent la colombe de l’esprit saint, en référence à l’ordination épiscopale de Mgr Dziwisz qui a eu lieu en 1998, année consacrée à l’Esprit Saint, l’étoile, symbolisant la Vierge, et les cimes enneigées des monts de la chaîne des Tatras où a vécu Stanislas Dziwisz, surmontées de la croix.
Avant la messe célébrée sur la place centrale de la ville, Mgr Dziwisz a reçu les attributs de l’archevêque, mitre, bâton pastoral et pallium dans la cathédrale du Wawel, au château royal de Cracovie. Dans la Bulle pontificale d’investiture de Mgr Dziwisz, qui a été lue à ce moment- là, Benoît XVI définit le nouvel archevêque comme «la meilleure personne» pour ce poste. Cette charge avait été assumée par Karol Wojtyla de 1963 à 1978, avant qu’il ne parte définitivement pour Rome.
C’est à cette époque que le futur pape avait rencontré Stanislas Dziwisz – sur les pistes de ski de Zakopane, dans les Hautes Tatras, dit-on – et lui avait demandé d’être son secrétaire particulier. Né à Raba Wyzna, près de Cracovie, le 27 avril 1939, Mgr Dziwisz a été ordonné prêtre le 23 juin 1963 par Mgr Karol Wojtyla. Il allait désormais servir fidèlement l’archevêque de Cracovie et future pontife romain. Jean Paul II l’avait nommé archevêque le 29 septembre 2003 et en avait fait son exécuteur testamentaire. Il est vice-président de la fondation Jean Paul II.
OEuvrer pour que Jean Paul II devienne vite un saint
A la messe, assistaient outre de nombreuses personnalités polonaises, comme le président Aleksander Kwasniewski et le président du parlement Wlodzimierz Cimoszewicz, de nombreux dignitaires de l’Eglise polonaise, une trentaine de cardinaux et une centaine d’évêques. On comptait parmi eux le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Crescenzio Sepe, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Mgr Piero Marini, maître des cérémonies pontificales, et le cardinal Macharski, archevêque émérite de Cracovie âgé de 78 ans. Ce dernier a assuré à son successeur qu’il oeuvrerait à ses côtés pour que Jean Paul II devienne rapidement saint. Une intention de prière universelle a aussi été dite à l’attention de la béatification de Jean Paul II. JB/AR
Encadré
Pour la béatification de Jean Paul II
Le 26 août 2005, Mgr Dziwisz avait d’ailleurs confié à la télévision Tg5 que Jean Paul II, «son père» adoptif, avait fait beaucoup de miracles durant sa vie même s’il n’avait jamais voulu en parler. Interrogé sur le fait de savoir s’il avait eu conscience durant sa vie que la personne qu’il accompagnait était sainte, Mgr Dziwisz a répondu: «Je pensais que tout le monde le savait. Pourquoi la jeunesse le suivait-elle ? Parce qu’elle cherchait Dieu à travers lui, elle découvrait le Seigneur à son contact. La jeunesse cherchait le Seigneur, non pas Jean Paul II, elle le trouvait à son contact».
Le secrétaire particulier du pape polonais a en outre relaté qu’avant sa mort, il l’avait entendu prononcer «Totus tuus» et qu’une religieuse l’avait entendu dire dans l’après-midi du jour de sa mort «Laissez-moi rejoindre le Seigneur». «On sentait tout, on sentait la place, on sentait la prière, la présence des jeunes. Et le pape le sentait, parce qu’il a été conscient jusqu’au bout», a encore rapporté Mgr Dziwisz, s’exprimant sur les dernières heures de Jean Paul II. Par ailleurs, Mgr Stanislas Dziwisz sera l’envoyé spécial de Benoît XVI à l’occasion du 25e anniversaire de la fondation du syndicat Solidarnosc, qui aura lieu le 31 août prochain, à Gdansk, en Pologne. Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris, s’y rendra également. (apic/imedia/ar/be)




