Pauvreté: Des actes, et non des promesses
New York: Des responsables religieux s’adressent à l’ONU
New York, 14 septembre 2005 Des responsables chrétiens exhortent l’ONU à respecter son engagement à aider les pauvres. Anglicans, protestants, orthodoxes et catholiques signent ensemble un document, appuyé par des membres des communautés musulmanes et juives. Ces responsables demandent des actes en lieu et place de mots et des promesses.
«La concentration croissante de la santé dans notre monde, alors qu’un si grand nombre d’etres humains souffrent, est un scandale qui nous appauvrit tous», ont écrit les responsables religieux – anglicans, protestants, catholiques romains et orthodoxes – dans une déclaration adressée au Sommet des Nations Unies qui s’est ouvert mercredi à New York.
Le communiqué – qui est également soutenu par certains leaders juifs et musulmans – a été approuvé lors d’un colloque de quelque 30 responsables religieux, organisé dans la cathédrale nationale de Washington DC, du 11 au 13 septembre.
«C’est vraiment un scandale que tant d’êtres humains semblent condamnés à la pauvreté», a déclaré l’un des participants, le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de l’Alliance réformée mondiale (ARM), dont le siège est à Genève. «Les Eglises ont réaffirmé leur détermination à être des partenaires critiques des gouvernements, pour que la voix des pauvres soit entendue, et que les causes de la pauvreté mondiale soient traitées.»
Dans leur déclaration, les responsables religieux appellent les chefs d’Etat et de gouvernement à tenir leur engagement à réduire l’extrême pauvreté d’ici 2015, l’un des objectifs du Millénaire pour le développement approuvé par les Nations Unies en 2000. Ils veulent également établir un partenariat entre les gouvernements et les institutions religieuses concernant les problèmes du développement.
Critiques contre John Bolton, ambassadeur des Etats-Unis
«Si l’Eglise mondiale ne peut pas s’exprimer sur l’impératif moral que représente le combat contre la pauvreté, qui le peut?» s’est interrogé Geoff Tunnicliffe, directeur de l’Alliance évangélique mondiale du Canada.
Le pasteur Ishmael Noko, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), a pour sa part déclaré que «ceux qui ont récolté les bénéfices de la mondialisation sont de plus en plus affligés par ce que l’on appelle ’la surabondance’. Cette condition déforme les valeurs de la vie sous ses formes fondamentales, et conduit souvent à la relativisation de la dignité humaine.»
Lors d’une rencontre dans la cathédrale de Washington le 11 septembre, dont l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright et d’autres personnalités, ont dénoncé les suggestions faites récemment par John Bolton, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies, selon lesquelles son pays voudrait minimiser l’importance des objectifs du développement. (apic/eni/pr)




