Les femmes et la justice dans le collimateur

Canada: Ne pas sous-estimer la menace que font peser les intégristes musulmans

Ottawa, 16 septembre 2005 (Apic) Même si le gouvernement de l’Ontario, au Canada, a reculé sur la question des tribunaux islamiques – l’idée vient d’être abandonnée -, le fondamentalisme islamique reste un danger pour les femmes. C’est en tout cas l’avis de la députée libérale québécoise Fatima Houda-Pépin, originaire du Maroc, qui pense qu’il ne faut pas sous-estimer la menace que font peser les intégristes musulmans sur les femmes et le système judiciaire au Canada.

Les fanatiques musulmans, estime la députée musulmane, n’agissent pas pour défendre la liberté religieuse, mais ont plutôt «un agenda politique savamment orchestré». Ils entendent ainsi profiter de toutes les failles du système de lois pour tenter d’imposer leur code moral aux femmes.

Ne pas laisser l’islam aux fanatiques

Dans une déclaration à la presse canadienne, la députée Fatima Houda- Pépin invite les Québécois qui partagent sa foi à lutter contre l’intégrisme. Si les démocrates musulmans ne prennent pas la parole, s’ils ne s’expriment pas publiquement, dit-elle, cela reviendra à laisser l’islam aux fanatiques. La députée libérale a déposé, conjointement avec la députée du Parti Québécois (PQ) Jocelyne Caron, une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec, en mai, à l’intention des autres parlements du pays en vue d’interdire les tribunaux islamiques. L’Assemblée a défendu l’uniformité de la justice et la prééminence de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Désormais l’Ontario a abandonné toute idée d’instaurer des tribunaux islamiques utilisant la charia pour trancher les litiges matrimoniaux et familiaux. Le gouvernement de la province a également l’intention d’interdire tous les autres tribunaux religieux existants, qu’ils soient chrétiens ou juifs. Face aux pressions et aux manifestations, le gouvernement de l’Ontario a finalement décidé de ne pas permettre l’instauration de la charia dans cette province canadienne.

L’instauration de la loi islamique avait été évoquée avec insistance pour arbitrer des litiges familiaux. Mais le projet avait suscité de vives protestations au Canada et à l’étranger. Des manifestations contre ce projet de tribunaux islamiques en Ontario ont eu lieu dans une douzaine de villes canadiennes et européennes. La charia, loi islamique, est jugée par profondément inéquitable envers les femmes.

L’Ontario, dont la capitale est Toronto, aurait été la première région en Occident à autoriser l’utilisation de la charia dans des arbitrages matrimoniaux et familiaux, si le projet avait été adopté. Dans un rapport officiel, rendu public en décembre dernier, l’ancienne ministre de la justice de la province, Marion Boyd, avait recommandé l’instauration de la charia. Les manifestants, en majorité des femmes, avaient fait valoir que la charia n’est pas compatible avec la Charte canadienne des droits et libertés. Selon le dernier recensement, le Canada comptait un peu moins de 600’000 musulmans en 2001. (apic/rca/be)

16 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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