Le gouvernement admet les faits

Serbie: Violences contre les Eglises minoritaires dans le pays

Belgrade, 21 septembre 2005 (Apic) Un ministre serbe a reconnu que les Eglises minoritaires risquent de se trouver confrontées à la violence. Il repousse cependant les accusations selon lesquelles son gouvernement ignorait le problème.

«Nous avons demandé des explications détaillées sur tous les incidents et les atteintes à la liberté religieuse, en particulier contre les minorités religieuses», a assuré le ministre des Affaires religieuses, Milan Radulovic. «Dans les premiers six mois de l’année 2005, un total de 20 incidents ont été enregistrés en Serbie contre des sites religieux – 11 entraînant des dommages et 9 étant des graffitis», a-t-il admis.

Selon lui, une comparaison avec 2004 indique une diminution importante de toutes sortes d’atteintes à la liberté religieuse et de violences contre des sites religieux ou des ecclésiastiques. Le ministre des Affaires religieuses dément par ailleurs que les attaques des médias contre des minorités religieuses soient l’expression de l’intolérance publique et fait remarquer que l’Eglise orthodoxe majoritaire a aussi été la cible «de déclarations verbales».

Le ministre réagissait ainsi au rapport publié en juin par Forum 18, une agence basée en Norvège, qui rapporte que les attaques contre les Eglises minoritaires se sont multipliées depuis 2003. Dans une lettre adressée à cette agence, publiée le 8 septembre, le ministre souligne que 82 attaques ont été enregistrées en 2004, entre autres 13 contre l’Eglise chrétienne adventiste, sept contre les catholique, deux contre l’Eglise évangélique slovaque et huit contre les musulmans, tout en soulignant que lorsqu’il y a eu dommages, ceux-ci ont été «minimes».

Police critiquée

Ces affirmations ont toutefois été contestées par Zdravko Sordjan, secrétaire général du Centre de la tolérance et des relations interreligieuses de Serbie, qui critique l’incapacité de la police à poursuivre les auteurs de ces violences.

Les minorités religieuses se sont souvent plaintes de discrimination dans l’Union de Serbie et Monténégro, créée après l’éclatement de la Yougoslavie. Un porte-parole de l’archidiocèse catholique de Belgrade, Martina Stavek, a refusé de faire des commentaires sur les propos du ministre, mais a déclaré à l’agence oecuménique ENI que les minorités religieuses se trouvaient confrontées à des «difficultés» dans certaines parties du pays. «Le problème ne concerne pas la religion en tant que telle, mais les difficultés de coexistence de groupes nationaux «, a expliqué Martina Stavek interviewée le 15 septembre. (apic/eni/pr)

21 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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