Des églises vendues, faute de moyens financiers
Québec: Le patrimoine religieux québécois en discussion au Parlement
Québec, 22 septembre 2005 (Apic) Sur les 2751 lieux de culte recensés au Québec, 80% appartiennent à l’Eglise catholique, qui a du mal à faire face à leurs frais d’entretien. 123 des 246 paroisses de Montréal ont besoin d’aide pour entretenir leurs églises. Faute de moyens, une vingtaine d’édifices religieux catholiques ont déjà été vendus au cours des dernières années.
«L’Eglise n’est pas là pour être un musée d’entretien des édifices, mais pour des fins pastorales», a estimé le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal. Devant la Commission parlementaire de la culture de l’Assemblée nationale, qui a entrepris à Montréal des audiences publiques sur le patrimoine religieux, le cardinal Turcotte a repris la suggestion d’un moratoire sur toute construction destinée à des fins culturelles, sociales, administratives ou autres.
Trouver des acquéreurs valables pour les églises désaffectées
Mgr Turcotte est d’avis qu’une bonne façon de préserver le patrimoine religieux serait d’utiliser des églises ou des couvents pour y aménager, par exemple, des bibliothèques ou même… un édifice pour le Cirque du Soleil, rapporte Radio Canada. Ce serait là, avance-t-il, une façon économique de sauvegarder le patrimoine.
Toutes les confessions religieuses ont des problèmes financiers pour protéger leur patrimoine, mais c’est particulièrement flagrant pour l’Eglise catholique, principale communauté religieuse historique au Québec, dont les pratiquants sont passé de 80% en 1960 à quelques pourcents aujourd’hui (certains avancent le chiffre de 5 %).
Le cardinal Turcotte est d’avis que la nouvelle vocation donnée à certains bâtiments religieux a été particulièrement heureuse, comme le Couvent des Soeurs Jésus-Marie, vendu à l’Université de Montréal, ou encore le Couvent des Soeurs grises à l’Université Concordia. L’église Sainte- Cunégonde a, quant à elle, été cédée à la communauté coréenne, tandis que l’église Sainte-Margerite-Marie est revenue à la communauté latino- américaine.
D’autres lieux de culte désaffectés ont été transformés en entreprises communautaires, comme le Chic Resto-Pop, un restaurant communautaire qui veut combattre l’exclusion en permettant à des personnes exclues de développer leur capacité d’organisation personnelle et leur rôle social. On y apprend un métier et on vient y chercher une expérience de travail significative.
Le Chic Resto Pop met sur pied des activités structurées principalement dans le domaine de l’alimentation, mais aussi au niveau de la culture, de la santé et de l’éducation, en solidarité avec les acteurs du milieu. Après Montréal, la commission poursuit ses audiences dans d’autres régions du Québec. Le rapport des députés membres de la commission est attendu au printemps 2006. (apic/rca/be)




