Gouvernement accusé de laxisme

Pakistan: L’Eglise catholique réclame l’abolition de la loi sur le blasphème

Karachi, 29 septembre 2005 (Apic) L’Eglise catholique romaine du Pakistan réclame l’abolition de la loi controversée sur le blasphème, après les agressions commises récemment contre des chrétiens et des hindous accusés d’avoir blasphémé le prophète Muhammad.

«Nous considérons que le gouvernement est responsable de n’avoir rien fait pour abroger la loi sur le blasphème et avoir permis que de tels incidents se produisent fréquemment», affirme la Commission nationale Justice et paix de l’Eglise dans un communiqué.

Celui-ci fait suite à une série de cas liés à la loi sur le blasphème et entre autres à l’arrestation d’un catholique, Younis Masih, le 19 septembre pour avoir dénigré le prophète Muhammad dans un chant traditionnel.

Avant cette arrestation, Younis Masih et son épouse ont été battus par des musulmans de son village de Sahiwal près de Lahore. De nombreux chrétiens ont fui car la foule a pillé et détruit leurs maisons. Dans un autre cas, un couple hindou, Chaman Lal et sa femme Krishna, ont été arrêtés pour blasphème, et leur maison a aussi été détruite par des émeutiers.

De tels incidents, souligne la Commission catholique, mettent l’accent sur la nécessité d’abroger la loi sur le blasphème. L’archevêque catholique Lawrence John Saldanha, de Lahore, a pour sa part demandé au gouvernement de sensibiliser la population en vue de promouvoir la tolérance religieuse. Il a relevé que même si la loi sur le blasphème prescrivait la peine de mort, personne n’avait été exécuté à ce jour. Mais, a-t-il ajouté, «des groupes fondamentalistes s’emparent de la loi lorsqu’il y a accusation de blasphème».

Selon lui, la loi sur le blasphème a souvent été utilisée à tort contre des chrétiens et d’autres dans le cas de conflits personnels et des litiges portant sur des biens. Plusieurs chrétiens ont été condamnés à la peine capitale par des tribunaux en vertu de la loi sur le blasphème qui prescrit obligatoirement la peine de mort ou la prison à vie. Ces verdicts ont été ultérieurement annulés par des tribunaux supérieurs, mais dans plus de six cas, des chrétiens inculpés pour blasphème ont été tués avant le début de leur procès ou après leur acquittement. (apic/eni/pr)

2 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!