Exclure la religion de la vie publique est une hypocrite

Rome: Ouverture du Synode sur l’eucharistie par le pape

Rome, 2 octobre 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI a ouvert dimanche au Vatican le synode des évêques en déclarant que la volonté d’exclure la religion du domaine publique est «une hypocrisie». «La tolérance, qui admet Dieu comme une opinion privée mais qui l’exclut du domaine public, de la réalité du monde et de notre vie, n’est pas tolérance mais hypocrisie», a relevé le pape dans son homélie prononcée durant la messe d’ouverture du synode.

Là où l’homme «se fait le seul propriétaire du monde et propriétaire de lui-même», ne peut dominer «que l’arbitraire du pouvoir et des intérêts». Le pape a dénoncé une certaine tolérance et mis en garde les fidèles de l’Eglise en occident contre le jugement de Dieu, les invitant à la conversion. Le pape, chaleureusement applaudi par le collège épiscopal, s’exprimait à l’occasion de la messe d’ouverture de la 11e assemblée générale du synode des évêques, célébrée dans la basilique Saint-Pierre.

«Nous les hommes, auxquels la création est pour ainsi dire confiée en gestion, nous l’usurpons», a déclaré le pape dans son homélie lue en italien. «Nous voulons en être les propriétaires au premier chef et tous seuls. Nous voulons posséder le monde et notre vie de manière illimitée», a- t-il dénoncé, auquel cas Dieu est «méprisé». «Dieu nous est une entrave. Ou bien on Le réduit à une simple phrase pieuse ou bien Il est nié totalement, mis au ban de la vie publique, au point de perdre toute signification». a-t- il affirmé. «L’on veut seulement jouir de son propre pouvoir».

«La tolérance, qui admet pour ainsi dire Dieu comme une opinion privée, mais lui refuse le domaine public, la réalité du monde et de notre vie, n’est pas tolérance mais hypocrisie», a renchéri le souverain pontife. Pour lui, «là où l’homme se fait le seul propriétaire du monde et propriétaire de lui-même, la justice ne peut pas exister». «Là, ne peut dominer que l’arbitraire du pouvoir et des intérêts», a-t-il insisté. Reprenant l’image du psaume, il a estimé que là où Dieu est chassé, sa vigne «se transforme bien vite en un terrain inculte piétiné par les sangliers».

Vinaigre ou vin?

Il a expliqué que «le bon raisin que Dieu attendait, aurait dû consister dans la justice et la rectitude», tandis que «le raisin sauvage» est «la violence, le sang répandu et l’oppression, qui font gémir les peuples sous le joug de l’injustice». «Dieu nous attend. Il veut être aimé de nous», a encore affirmé le pape, soulignant qu’un tel appel devrait «toucher notre coeur». «En cette heure précisément où nous célébrons l’Eucharistie, où nous inaugurons le synode sur l’Eucharistie, Il vient à notre rencontre, il vient à ma rencontre». «Trouvera-t-il une réponse ? s’est-il interrogé. «Ou arrive-t-il avec nous ce qu’il se passe avec la vigne ?». «Notre vie chrétienne» n’est-elle «pas plus souvent du vinaigre que du vin», a renchéri le pape, «commisération sur nous-mêmes, conflit, indifférence» ?.

Benoît XVI a conclu son homélie en parlant de l’Eucharistie, thème de la 11e assemblée générale du synode des évêques, et «mystère dans lequel le Seigneur nous donne le pain de le vie et le vin de son amour, et nous invite à la fête de l’amour éternel». «Nous prions le Seigneur de nous donner sa grâce afin que dans les trois semaines du synode que nous débutons, nous ne disions pas seulement de belles choses à propos de l’Eucharistie, mais surtout que nous vivions de sa force».

Au terme de son homélie, le pape a salué les pères synodaux et leurs communautés. La messe s’était ouverte par une longue litanie des saints suivie vers 9h30 de la procession des cardinaux pères synodaux vêtus d’or. Benoît XVI, présidant le cortège, avait revêtu une chasuble verte, couleur du temps ordinaire dans le calendrier liturgique, et son pallium, signe de la communion entre tous les évêques. «Le Seigneur a convoqué de tous les continents de la terre évêques et pasteurs de l’Eglise de Dieu pour vivre un synode consacré à la réflexion sur l’Eucharistie, mystère de la foi, source de communion et lien de charité», a-t-il expliqué dans son mot d’introduction. «Convoquons l’Esprit saint afin qu’il illumine, inspire et guide les travaux synodaux, qu’il nous pousse à la charité, à la concorde et au service de la vérité», a-t-il ajouté, aspergeant l’assemblée d’eau bénie avec du buis.

55 cardinaux, 7 patriarches, 59 archevêques, 123 évêques, 40 prêtres, 4 auditeurs et 37 collaborateurs concélébraient la messe avec Benoît XVI. (apic/imedia/ar/pr)

2 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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