Suisse: Vive réaction de la CES après les critiques essuyées par Christophe Blocher
Asile: critiques contre les Eglises «inacceptables»
Fribourg, 3 octobre 2005 (Apic) La Conférence des évêques suisses (CES) s’en prend en des termes très vifs au Conseiller fédéral Christoph Blocher, après les critiques émises par le chef de file de l’UDC populiste quant à l’engagement des Eglises dans le domaine de l’asile.
Les prélats assurent que le Conseiller fédéral Blocher ne pourra leur interdire d’accomplir leur devoir «en toute conscience». Ils relèvent enfin qu’ils continueront à s’engager pour la recherche de solutions justes dans le domaine de l’asile
Dans une déclaration signée par Mgr Bernard Genoud, au nom de la CES, les évêques suisses disent ne pas pouvoir accepter les déclarations de Christophe Blocher.
«Quelle étrange compréhension de notre responsabilité de citoyen et de croyant. Défendre la dignité fondamentale de la personne humaine est justement notre devoir!, écrit l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. «Si Monsieur Blocher parle d’abus, nous ne pouvons que les regretter avec lui. Mais nous savons que l’élémentaire rigueur intellectuelle nous interdit d’ériger en règle générale ce qui n’est que cas particulier».
Pour la CES, c’est le devoir des Eglises que de s’engager pour la justice et la charité. «Monsieur Blocher ne pourra nous interdire d’accomplir notre devoir en toute conscience». Et la CES de s’interroger: «La nouvelle loi exige des requérants d’asile de présenter des papiers valables. Mais que sont en fait des papiers valables? Le destin d’une personne dépend-t-il de papiers? Où est la dignité, le respect de la personne, de l’étranger?»
Aux yeux des évêques suisses, avec de telles mesures restrictives l’on ne fait que de susciter davantage encore la méfiance à l’égard des requérants d’asile. «Le nombre des demandes d’asile va baisser, car il sera plus facile de déclarer des papiers non valables que d’examiner une demande d’asile».
«Je ne voudrais jamais avoir honte de mon pays! Nos ancêtres avaient parfois l’excuse de l’ignorance à notre égard, les générations futures n’auront pas cette consolation!» C’est aussi pour cette raison, conclut Mgr Genoud, que les évêques continueront à s’engager pour la recherche de solutions justes dans le domaine de l’asile. (apic/com/pr)




