Mgr Ricard juge positif l’instauration du débat libre
Synode: L’archevêque de Bordeaux fait le point sur le synode et ses questions
Rome, 5 octobre 2005 (Apic) Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, s’est dit satisfait de l’instauration d’un temps d’interventions libres au cours du synode des évêques. Interrogé par une poignée de journalistes à Rome dans la soirée du 4 octobre 2005, l’archevêque de Bordeaux a aussi évoqué les questions du célibat des prêtres et de la communion des divorcés-remariés.
«Par rapport aux précédents synodes, je crois que c’est nettement un mieux», a confié Mgr Jean-Pierre Ricard à propos de la possibilité d’intervenir librement le soir, l’une des principales nouveautés de ce rassemblement d’évêques. Ainsi, à sept reprises au début de cette assise synodale sur l’Eucharistie, de 18h à 19h, les participants peuvent prendre la parole librement pendant trois minutes maximum, en dehors d’une intervention plus formelle de six minutes qui leur est accordée lors des congrégations générales.
«Cela nous paraissait bizarre de n’avoir jamais de prise de parole tous ensemble, si ce n’est le texte que chacun était invité à dire», a reconnu Mgr Ricard qui avait déjà participé au synode d’octobre 2001. «Les discussions que nous avions, dans les précédents synodes, avaient lieu dans les carrefours», a-t-il expliqué, avouant que cela «était un peu frustrant».
Le président des évêques de France a aussi évoqué les questions touchées par le cardinal Angelo Scola, rapporteur général du synode, lors de l’ouverture de l’assemblée au Vatican dans la matinée du 3 octobre 2005. Mgr Ricard n’a pas semblé surpris de la réaction de Grégoire III Laham, patriarche gréco-melkite d’Antioche, aux propos du cardinal Scola sur les fondements théologiques du célibat des prêtres.
Le mouvement «Nous sommes l’Eglise» se trompe
Sur cette question, Mgr Jean-Pierre Ricard a réagi à l’appel lancé aux évêques le 4 octobre par le mouvement contestataire «Nous sommes l’Eglise» demandant que ce synode ne soit pas «simplement comme une confirmation solennelle, voire emphatique, de conclusions déjà acquises». «J’ai déjà dit personnellement à ’Nous sommes l’Eglise’ qu’ils se trompent dans la problématique qui est la leur», a ainsi répondu Mgr Ricard. «Ils pensent que Rome impose, que les évêques sont au garde-à-vous les doigts sur la couture du pantalon, acceptant des positions qu’intérieurement ils n’accepteraient pas», a-t-il déclaré.
«Je ne crois pas que l’ordination d’hommes mariés, aujourd’hui, même si elle peut s’envisager, soit vraiment la solution aux problèmes auxquels nous sommes confrontés en France», a-t-il conclu.
Evoquant les questions de la communion des divorcés-remariés et de l’intercommunion dans les Eglises chrétiennes, Mgr Jean-Pierre Ricard a déclaré que le cardinal Scola avait «rappelé les positions de l’Eglise», ajoutant que «la discussion des pères synodaux reste ouverte». L’archevêque de Bordeaux a aussi noté que le rapporteur général avait souligné «la diversité des situations» à propos des divorcés-remariés, «sans dire après ce que l’on tire de cela». «On ne peut pas s’en tenir à un discours ’permis- défendu’», a-t-il encore affirmé.
Mgr Ricard a confié avoir été reçu par Benoît XVI lors de la pause- café du matin avec l’ensemble du premier groupe linguistique francophone. «Il nous a parlé un instant, c’est là que l’on s’aperçoit qu’il a une excellente mémoire». «Je ne vous dirai pas ce qu’il m’a dit, cela fait partie des secrets de la Conférence des évêques de France !», a-t-il confié. Au fil des jours, le pape devrait pouvoir ainsi saluer l’ensemble des participants au synode, en recevant les 12 groupes linguistiques différents. (apic/imedia/ar/pr)




