Une réponse aux signes négatifs de la culture contemporaine

Rome: L’archevêque colombien Mgr Sarasti Jaramillo au Synode sur l’Eucharistie

Rome, 6 octobre 2005 (Apic) L’Eucharistie est «la réponse aux signes négatifs de la culture contemporaine», a déclaré Mgr Juan Francisco Sarasti Jaramillo, archevêque de Cali, en Colombie. Il intervenait lors de la 5e congrégation générale du Synode des évêques, dans l’après-midi du 5 octobre 2005.

Au cours de cette séance, le secrétaire général du Synode des évêques, Mgr Nikola Eterovic, a également donné la liste des modérateurs et des rapporteurs des carrefours, élus dans la matinée du même jour. La 5e congrégation générale était présidée par le cardinal Telesphore Placidus Toppo, archevêque de Ranchi (Inde). Benoît XVI y a assisté. 13 pères synodaux y ont pris la parole.

Une culture de la mort omniprésente

«L’Eucharistie est la réponse aux signes négatifs de la culture contemporaine», a ainsi déclaré Mgr Juan Francisco Sarasti Jaramillo, dénonçant «la culture, ou anti-culture, de la mort», tour à tour source du trafic d’armes et de vastes systèmes de destruction, légitimant l’avortement et autorisant la recherche sur les embryons humains. En second lieu, a poursuivi le prélat, «notre culture est marquée par la haine et par le terrorisme, le 11 septembre, le 11 mars, le métro de Londres.». Il a alors appelé à la réconciliation entre les hommes.

Un «étrange oubli de Dieu»

Par ailleurs, plusieurs pères synodaux ont insisté sur la formation catéchétique des fidèles. «Le processus accéléré de sécularisation et les progrès de l’indifférence religieuse et d’un ’étrange oubli de Dieu’ (.) provoquent chez nombre de baptisés de notre temps un affaiblissement inquiétant, quand ce n’est pas la perte totale de leur identité chrétienne», a ainsi remarqué Mgr Stanislas Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs.

«Dans cette situation, l’un des défis les plus urgents qui se présentent à l’Eglise est celui d’une initiation post-baptismale adéquate, susceptible de donner naissance à des communautés qui vivent leur foi en profondeur. De nos jours se fait sentir, avec une forte urgence, le besoin d’une catéchèse pour adultes capable de communiquer aux fidèles les fondements mêmes de la foi», a-t-il affirmé. «Une spiritualité laïque authentique ne peut être qu’une spiritualité eucharistique», a par ailleurs estimé l’archevêque polonais.

Une grande piété chrétienne mais des racines peu profondes

Et l’archevêque de Portoviejo, en Equateur, de faire remarquer que la pastorale de l’Eucharistie ne peut être séparée «d’une pastorale de nouvelle évangélisation qui pose les fondements de l’expérience de foi». Car si l’évangélisation est dans ce pays andin caractérisée par des expressions de grande piété chrétienne, «ses racines ne sont pas profondes». «Il faut les faire grandir afin qu’elles plongent plus en profondeur, avant que la tempête de la sécularisation ne s’abatte sur notre région», a ainsi déclaré Mgr José Mario Ruiz Navas.

L’archevêque équatorien a encore estimé que, «dans certaines communautés chrétiennes d’Europe ayant de profondes racines dans l’Evangile, la tempête de la sécularisation passera comme passe l’hiver, probablement prolongé. Avec l’aide de Dieu, un nouveau printemps arrivera, parce qu’elles plongent profondément leurs racines dans l’Evangile».

Enfin, l’évêque de Phu Cuong, au Vietnam, a aussi donné en exemple son pays où la pratique religieuse des catholiques est très élevée. «Si l’on veut en chercher la cause, on peut la trouver dans la formation catéchétique et l’éducation de la famille», a-t-il affirmé.

Avant le début des interventions de la cinquième congrégation générale, le secrétaire général du Synode des évêques, Mgr Nikola Eterovic, avait donné la liste des modérateurs et des rapporteurs des 12 cercles mineurs appelés ’carrefours’ – 3 en langue anglaise, 3 en langue française, 1 en langue allemande, 3 en langue espagnole et 2 en langue italienne – élus au cours de leur première session le 5 octobre au matin.

Ainsi, les modérateurs et rapporteurs des groupes francophones sont pour le groupe ’A’ Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence épiscopale française, et Mgr Alain Harel, évêque titulaire de Forconio, vicaire apostolique de Rodrigues, à l’île Maurice. Mgr Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, et Mgr Robert Le Gall, évêque de Mende, tiennent ces charges pour le groupe ’B’. Enfin, Mgr Jean-Louis Bruguès, évêque d’Angers, et Mgr Paul-André Durocher, évêque d’Alexandrie- Cornwall (Canada), sont les modérateurs et les rapporteurs du groupe ’C’. (apic/imedia/ar/be)

6 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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