Pour exiger des enquêtes sur 34 assassinats en 2005

Philippines: Défenseurs des droits de l’homme tués: lettre d’Eglises et d’ONG à G. Arroyo

Manille, 11 octobre 2005 (Apic) Des Eglises et des agences de développement du monde entier appellent la présidente des Philippines, Gloria Arroyo, à enquêter sur les assassinats de plus de trente militants des droits de la personne, entre autres des membres du clergé, au cours de cette année.

«Nous sommes très préoccupés par les assassinats de 34 militants aux Philippines perpétrés à ce jour en 2005», déplorent les différents groupes dans des lettres adressées le 7 octobre à la présidente Arroyo et au chef d’état-major, le général Generoso S. Senga, diffusées par l’Alliance oecuménique «agir ensemble», dont le siège est à Genève.

Parmi les signataires de ces lettres figurent le Conseil oecuménique des Eglises (COE), la Fédération luthérienne mondiale (FLM), l’Alliance réformée mondiale (ARM), Franciscans International et les Unions chrétiennes féminines (UCF). Ils demandent «des enquêtes immédiates et impartiales sur toutes les récentes exécutions extrajudiciaires».

Les auteurs de ces lettres citent trois assassinats récents qui auraient été commis par des agents militaires: Diosdado Fortuna, tué d’une balle dans le dos le 22 septembre dans la province de Laguna, au sud de Manille; le pasteur Raul Domingo de l’Eglise unie du Christ aux Philippines, décédé le 4 septembre deux semaines après son agression à Puerto Princesa sur l’île de Palawan; Norman Bocar, tué d’une balle dans la tête le 1er septembre à Borongan, à l’est de l’île de Samar dans le centre des Philippines.

Les signataires font référence au rapport d’une délégation envoyée en juillet aux Philippines par le COE et la Conférence chrétienne d’Asie. Ce rapport souligne le nombre croissant d’assassinats de militants, entre autres des collaborateurs des Eglises. Il souligne enfin l’intimidation, la détention illégale et la torture de paysans travaillant dans les fermes de riches propriétaires terriens.

La lettre récemment envoyée à Manille exhorte le gouvernement Arroyo à promouvoir la réforme agraire et les droits fonciers afin de permettre à la population rurale d’avoir davantage accès à ses ressources naturelles. Elle réclame également l’abrogation de la législation, et notamment de la Loi sur les mines de 1995, qui «place le profit des sociétés avant l’intérêt de la population et la protection de l’environnement». (apic/eni/pr)

11 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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