Rome: Un synode chaldéen spécial se tiendra à Rome du 7 au 14 novembre 2005
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Rome, 13 octobre 2005 (Apic) 18 évêques chaldéens se réuniront en synode à Rome du 7 au 14 novembre 2005. La rencontre à huis clos portera sur «la situation actuelle en Irak» et sur «la mise à jour liturgique de toute l’Eglise chaldéenne». C’est ce qu’a confié au correspondant de l’Apic au Vatican le Père Philip Najim, procurateur de l’Eglise chaldéenne à Rome.
Habituellement, les évêques chaldéens se réunissent en synode une fois par an, mais le contexte international actuel a suscité la convocation d’un second synode cette année, après celui tenu en Irak il y a six mois. 18 évêques de l’Eglise chaldéenne en Irak et de la diaspora, dont le patriarche chaldéen de Bagdad Emmanuel-Karim III Delly, prendront ainsi part aux débats à huis clos qui se tiendront du 7 au 14 novembre prochains au centre de l’Opera della Chiesa, à Rome. Ils seront assistés par des experts de droit canonique et liturgique.
Les thèmes figurant à l’agenda de ce synode spécial sont ceux de «la situation actuelle en Irak», de «la mise à jour liturgique de toute l’Eglise chaldéenne» (la réforme du missel), et éventuellement du «droit particulier de l’Eglise chaldéenne», a déclaré le Père Philip Najim. Chaque Eglise chaldéenne a son propre droit canonique.
Un aggiornamento de la liturgie dans les Eglises chaldéennes
En ce qui concerne l’aggiornamento de la liturgie dans les Eglises chaldéennes, le procurateur a expliqué que l’Eglise chaldéenne avait le désir, dans le contexte actuel, d’une mise à jour adaptée, tout en conservant le patrimoine de l’Eglise chaldéenne.
Les évêques devraient parler de l’avenir des chaldéens en Irak et des difficultés qui se présenteront à cette communauté minoritaire. Les Irakiens auront en effet été consultés le 15 octobre par voie référendaire sur la nouvelle Constitution de leur pays. Le patriarche Emmanuel-Karim III Delly, et Mgr Shlemon Warduni, évêque auxiliaire de Bagdad, ont fait connaître début septembre leurs réserves sur un texte constitutionnel qui cite l’islam comme «source principale de droit». Et si la forme définitive de la Constitution a théoriquement été approuvée fin août par la chambre des députés irakienne, depuis, certains contenus en ont été changés. L’article concernant les droits de l’homme aurait ainsi disparu du texte qui sera proposé au peuple irakien dans les prochains jours.
Inquiétudes quant à la liberté religieuse en Irak
Le pape avait rencontré en audience privée le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, le 26 août 2005. Les deux hommes avaient alors évoqué «la protection de la liberté religieuse» et les «droits de la communauté chrétienne» en Irak, contenus dans la nouvelle Constitution du pays, alors en cours d’élaboration.
Née en Irak, en Mésopotamie, l’Eglise chaldéenne compte environ 700’000 fidèles dans le monde – 550’000 en Irak et 150’000 dans la diaspora. 23 évêques sont à la tête des 16 diocèses, 8 étant situés en Irak et 8 dans la diaspora. Elle est la branche catholique de l’Eglise d’Orient, dite nestorienne, qui avait refusé le Concile d’Ephèse (431).
Le patriarche Jean Simon Soulaka, élu en 1551, fut reconnu par Rome comme patriarche des Chaldéens. Mais l’union ne fut définitive avec Rome qu’en 1830, lorsque le pape Pie VIII confirma dans sa fonction le patriarche Jean Hormizd II avec le titre de patriarche de Babylone des Chaldéens. Le siège du patriarcat se trouve depuis 1957 à Bagdad, ville qui compte 300’000 Chaldéens répartis sur 28 paroisses.
Le dernier synode chaldéen qui s’est tenu à Rome a eu lieu les 2 et 3 décembre 2003 pour l’élection du patriarche de Babylone des chaldéens, Emmanuel-Karim III Delly, suite à la mort de son prédécesseur, le patriarche Raphaël Ier Bidawid. (apic/imedia/ar/be)




