Pas de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Chine
Rome: Benoît XVI adressera une lettre aux évêques chinois n’ayant pu se rendre à Rome
Rome, 18 octobre 2005 (Apic) Benoît XVI écrira une lettre aux quatre évêques de la République populaire de Chine, qu’il avait invités à participer au synode sur l’Eucharistie, mais auxquels Pékin a refusé d’octroyer des visas. Le Père Giorgio Costantino, attaché de presse italien du Synode, l’a révélé le 18 octobre 2005.
Au cours de la 19e congrégation générale du synode, le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a lu aux 244 pères synodaux une lettre en latin écrite par Mgr Luc Li Jingfeng, évêque de Fengxiang (Shaanxi), au nom de ses trois collègues. Lue le jour de la saint Luc mais datée du 6 octobre, les évêques y expriment leur regret de ne pouvoir participer aux travaux, ainsi que leur souhait de voir rétablies des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Chine.
Mgr Luc Li Jingfeng y précise aussi qu’en plus de sa maladie, d’autres raisons objectives l’ont empêché de se rendre à Rome pour le synode, a rapporté le Père John Bartunek, attaché de presse en anglais du Synode. Les pères synodaux ont salué cette lettre et manifesté leur unité avec les auteurs de la note par leurs applaudissements. En outre, le pape a fait savoir qu’il adresserait une lettre manuscrite en réponse aux évêques. Les attachés de presse du Synode ont indiqué que la lettre des évêques chinois, ainsi que la réponse de Benoît XVI, devraient être rendus publics ensemble.
Pékin n’a pas saisi sa chance
«L’invitation par le pape de quatre évêques chinois pour le Synode était une bonne opportunité, mais a été ruinée», avait déclaré Mgr Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hong Kong lors de la 15e congrégation générale le 12 octobre 2005.
Rappelant que l’Eglise catholique en Chine est traditionnellement divisée entre une Eglise officielle et une Eglise clandestine, l’évêque de l’ancienne colonie britannique a estimé que désormais, elle représentait en réalité qu’une seule Eglise.
Le Saint-Siège a légitimé ces dernières années les évêques de l’Eglise officielle nommés par Pékin. Mgr Zen Ze-Kiun espérait ainsi que le gouvernement de Pékin régularise rapidement ses relations diplomatiques avec le Vatican. Quelques jours auparavant, lors de la 11e congrégation générale du Synode, le 10 octobre, Mgr Bosco Lin Chi-nan, évêque de Tainan, à Taiwan, était aussi intervenu sur le manque de liberté religieuse et la division de l’Eglise en Chine.
Depuis le début du Synode, les quatre fauteuils des évêques chinois invités par Benoît XVI – trois de l’Eglise officielle et un de l’Eglise clandestine – sont restés vides. Pékin ne leur a pas délivré leur visa. Les évêques chinois avaient pourtant entrepris depuis longtemps des négociations pour obtenir leurs passeports. (apic/imedia/hy/ar/be)




