Crainte de l’instauration d’une République islamique à Mogadiscio

Somalie: La militarisation et les actes de piraterie en Mer Rouge inquiètent des Eglises

Nairobi, 18 octobre 2005 (Apic) L’augmentation du trafic d’armes, de la militarisation et des actes de piraterie en Somalie inquiètent des Eglises. Quatre bateaux, dont deux chargés d’aide humanitaire, ont été détournés ces trois derniers mois par des bandits sévissant en Mer Rouge.

Trois des bateaux ont été rendus, mais le pasteur Fred Nyabera, directeur de la Communauté des Conseils et des Eglises chrétiens dans la région des Grands Lacs, a déclaré à l’agence oecuménique ENI que ces actes de piraterie étaient très inquiétants. «Les agences d’entraide espéraient qu’avec la formation d’un gouvernement, les combats prendraient fin, mais la guerre qui continue annule tout ce que les agences ont fait», a-t-il déclaré à Nairobi le 14 octobre.

Seigneurs de la guerre et certains responsables du clergé musulman visés

Le groupe soutient le rétablissement des moyens d’existence détruits par le séisme de décembre 2004 qui a aussi frappé ce pays de la Corne de l’Afrique où un gouvernement de transition mis en place il y a un an s’efforce de désarmer les milices. Les responsables chrétiens estiment que le gouvernement est confronté à l’opposition des seigneurs de guerre et de certains membres du clergé musulman.

«Nous savons que tout peut arriver à tout moment, mais nous n’avons aucune raison de cesser ce que nous faisons maintenant», estime le pasteur Nyabera. Selon la presse, plusieurs groupes de Mogadiscio se prépareraient à établir un gouvernement islamiste en Somalie. Pour cela, ils importeraient des explosifs, des mines, des grenades à main, des fusils, des armes antiaériennes et antichars et des munitions.

Promesse de guerre sainte contre toute armée étrangère entrant en Somalie

«Avec la religion, je peux influencer tout mon peuple», a lancé un membre du clergé musulman, le cheikh Hassan Dahir Aweys, cité par le journal Sudan Tribune, en promettant de lancer une guerre sainte contre toute armée étrangère entrant en Somalie.

Les munitions sont achetées grâce à de l’argent provenant de l’exploitation de charbon, du commerce de la pêche et de la navigation, qui permet aux pirates de lever des rançons en arraisonnant des bateaux, selon les rapports de représentants de l’ONU.

Le 14 octobre, un navire chargé de vivres et affrété par le Programme alimentaire mondial (PAM), a été libéré après avoir été détourné deux jours auparavant par des hommes armés. Un autre bateau avait été rendu le 4 octobre après avoir été arraisonné durant 100 jours. «Avec deux actes de piratage en trois mois, nous devons envisager des solutions pour assurer la sécurité des vivres et du personnel impliqués dans le cadre de nos opérations», a déclaré Leo van der Velden, directeur adjoint du PAM pour la Somalie, après la libération du bateau. (apic/eni/be)

18 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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