Garder le dimanche comme jour de fête et de liberté

Lausanne: Table ronde sur le travail dominical

Lausanne, 26 octobre 2005 (Apic) L’extension du travail le dimanche soumis à votation le 27 novembre prochain est un projet de loi défavorable aux familles, aux petits commerces, à la vie sociale et aux chômeurs, a estimé le conseiller socialiste fribourgeois aux Etats Alain Berset mardi soir 25 octobre à Lausanne, lors d’une table-ronde de l’Eglise catholique.

Cette soirée d’information organisée par le Service romand de la pastorale du monde du travail (PMT) était encore animée par la théologienne réformée Yolande Boinnard et le professeur René Knüsel. La PMT s’est d’ores et déjà prononcé contre la modification de la lois sur le travail.

Pour le conseiller aux Etats Alain Berset, cette modification de la loi sur le travail est la première pierre du démantèlement de la valeur sacrée du dimanche. «Si le peuple dit oui, les parlementaires fédéraux vont sortir en janvier 2006 un projet pour généraliser l’ouverture des commerces le dimanche. La question de fond qui nous est posée est simple : veut-on transformer le dimanche en un jour comme un autre ?».

Mais si le non gagne, va-t-on devoir se passer de la tresse bien fraîche achetée le dimanche, comme le dit le conseiller fédéral Joseph Deiss ? «Les petits commerces et les magasins des stations touristiques resteront bien sûr ouverts le dimanche», a répondu le socialiste fribourgeois.

UN avis partagé par la théologienne réformée Yolande Boinnard: il est indispensable de se reposer un jour ensemble, de partager des activités sociales communes. «Par la suppression de la valeur sacrée du dimanche, notre société occidentale poursuit la chasse aux rites et rythmes de vie de la société», a pour sa part observé René Knüsel, professeur de politique sociale à l’Université de Lausanne. Jusqu’au 18ème siècle, a-t-il dit, la sanctification du dimanche était obligatoire. Et en 1905 à Toulouse, deux mille manifestants cassaient les vitrines des magasins ouverts le dimanche. «On se rappelle aussi combien était importante encore récemment le bain hebdomadaire, des vêtements et une alimentation soignés ainsi que des distractions partagées en famille».

Jour d’ennui combattu par le shopping?

Dans le débat, l’assistance a aussi relevé combien le shopping du dimanche devenait une activité sociale importante pour une foule de personnes solitaires. Ce qui n’a pas convaincu Yolande Boinnard: «Il faut recréer des liens sociaux le dimanche dans nos sociétés citadines». Et encore moins Michel Racloz, co-responsable de la PMT, qui a rappelé que le dimanche devait rester ce jour sacré où l’homme sort de l’esclavage du travail pour redevenir libre. (apic/com/pr)

26 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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