Commémoration des 40 ans de Nostra Aetate
Rome: Encore beaucoup de chemin entre juifs et catholiques, estime le cardinal Kasper
Rome, 27 octobre 2005 (Apic) Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, a estimé que l’Eglise avait un rapport unique avec le judaïsme, mais qu’il y avait encore beaucoup de chemin à faire. Interrogé sur Radio Vatican le 26 octobre 2005, il a ainsi évoqué la commémoration de la déclaration conciliaire Nostra Aetate qui se tient au Vatican 27 octobre 2005.
Rappelant que «l’histoire avec le judaïsme est toujours restée très difficile, complexe, tourmentée, également pénible», le cardinal Walter Kasper a souligné que «nous ne somme qu’au commencement du commencement !» et précisé qu’»il y a encore beaucoup de chemin à parcourir».
Le président de la Commission du Saint-Siège pour les rapports religieux avec les juifs a ainsi jugé qu’il n’était pas «possible de surmonter l’antisémitisme une fois pour toute» et invoqué la nécessité d’»une éducation-formation continue». «Nous devons maintenir vivante la flamme de cette coopération, de cette nouvelle amitié entre les juifs et les chrétiens, et la transmettre à une nouvelle génération, pour construire un monde de paix», a-il expliqué.
«Nous avons un rapport unique avec le judaïsme, que nous n’avons avec aucune autre religion», a ainsi affirmé le cardinal Walter Kasper. Le cardinal allemand a jugé que la déclaration Nostra Aetate contenait deux messages : «un ’non’ résolu à l’antisémitisme», ainsi qu’un «’oui’ aux racines chrétiennes, aux racines juives du christianisme».
Avec ce document qui «a porté de grands fruits», c’est «une grande communion que nous avons recouvrée» entre juifs et chrétiens, a-t-il ajouté, précisant que, «aujourd’hui, nous avons commencé également une collaboration concrète sur le champ politique et social», sur la base de «valeurs communes, sur lesquelles nous pouvons réellement collaborer».
Journée commémorative
Cette commémoration, célébrant avec un jour d’avance le quarantième anniversaire de la déclaration du Concile Vatican II Nostra Aetate, est organisée à l’initiative de la Commission du Saint-Siège pour les rapports religieux avec les juifs, elle-même sous l’autorité du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, présidé par le cardinal Kasper.
Ce dernier, ainsi que le rabbin David Rosen, directeur international pour les questions inter-religieuses de l’American jewish committee et le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris, fils de déportés à Auschwitz, feront le bilan de 40 ans de dialogue entre le judaïsme et l’Eglise catholique. Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a fait savoir qu’il sera également présent parmi quelque 200 invités.
La journée commémorative s’articulera en deux temps. La matinée, au siège de la Commission du Saint-Siège pour les rapports religieux avec les juifs, sera consacrée à une rencontre de réflexion sur les initiatives qui ont caractérisé la période post-conciliaire, et le développement des relations entre catholiques et juifs.
Dans l’après-midi, à 18h, au Palais de la Chancellerie au Vatican, aura lieu un acte commémoratif public. La journée se conclura par un rafraîchissement ’kasher’, en compagnie de membres de la curie et du corps diplomatique.
C’est en effet le 28 octobre 1965 que le Concile Vatican II, voulu par Jean XXIII et conclu par Paul VI, a publié la déclaration conciliaire Nostra Aetate, dédiée aux relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes, et en particulier avec le judaïsme. L’Eglise avait ainsi redéfini ses rapports avec la «lignée d’Abraham», rejetant l’antisémitisme et réaffirmant ses racines juives. (apic/imedia/gt/pr)




