Suisse: Loi sur le travail: les raisons d’un «non» à la votation du 27 novembre 2005
Une modification qui n’est qu’un premier pas contre le dimanche
Rome, 4 novembre 2005 (Apic) A un peu plus de 20 jours de la votation sur la modification de la loi sur le travail, Nicolas Betticher, chancelier du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, rappelle l’enjeu réel du scrutin, à savoir que cette loi n’est qu’un premier pas vers une permission de tout vendre le dimanche. Et donc de rendre ce jour semblable à n’importe quel autre de la semaine.
Alors que le parti démocrate-chrétien et son conseiller fédéral Joseph Deiss appuient l’ouverture des magasins le dimanche dans les gares et les aéroports, les Eglises chrétiennes de Suisse sont clairement opposées à davantage de flexibilisation du travail. Le 4 octobre dernier, elles demandaient clairement aux citoyens de rejeter la révision de l’article 27 de la Loi sur le travail (LTr) soumise au peuple suisse le 27 novembre dans le but de «protéger le dimanche, qui a une valeur fondamentale pour la cohésion sociale».
Le pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et Mgr Pierre Bürcher, au nom de la Conférence des évêques suisses (CES), avaient tous deux argumentés les raisons de dire «non» le 27 novembre.
A l’instar des grandes Eglises chrétiennes de Suisse – catholique et protestantes – clairement opposées à davantage de flexibilisation du travail, un «Comité oecuménique en faveur du dimanche» appelle lui aussi à voter non à la révision cette loi.
Comme les Eglises officielles, le «Comité en faveur du dimanche» entend protéger le dimanche, qui a une valeur fondamentale pour la cohésion sociale.
Permis de tout vendre
Pour Nicolas Betticher, cette modification législative vise la permission de vendre le dimanche tous les produits, dans les gares et les aéroports. Outre les marchandises et biens nécessaires aux voyages, on pourra acquérir, en ces lieux, le dimanche aussi, des habits, des chaussures, des appareils, des ordinateurs, des téléviseurs, des meubles, etc. En plus, des entreprises de service comme des banques, des assurances, la Poste, des gérances de fortune, etc. pourraient également offrir leurs prestations.
Selon le chancelier, cette loi n’est qu’un premier pas: le Conseil des Etats a déjà chargé le Conseil fédéral d’élaborer une nouvelle base légale pour le travail du dimanche dans le domaine de la vente et des services (sans préciser l’emplacement, cette fois). La Commission du Conseil national est du reste allée dans le même sens. Et le chancelier de rappeler ce que le dimanche représente pour l’Eglise, pour les communautés paroissiales, pour la vie sociale, la famille, la vie culturelle!
Les évêques suisses ont d’ailleurs rappelé, de concert avec les autres communautés chrétiennes de Suisse, combien cette modification légale «relativisait le dimanche que nous souhaitons conserver comme un espace temps indispensable et apte à fixer de saines limites à une certaine marche effrénée de notre économie». En ce sens, «il est de la responsabilité de chaque citoyenne et de chaque citoyen de rappeler les exigences d’une société équilibrée qui sait donner et à l’économie et à la vie communautaire et associative leur juste place». (apic/com/pr)




