Mgr Genoud défend la position des évêques suisses
Suisse: Votation de la Loi sur le travail le 27 novembre
Fribourg, 7 novembre 2005 (Apic) Le 27 novembre aura lieu la votation fédérale sur la modification de la loi sur le travail, qui inscrit dans la loi le travail du dimanche dans les aéroports et dans les gares à forte fréquentation. C’est un non que les croyants devraient mettre dans l’urne, estime Mgr Genoud, évêque de Lausanne Genève et Fribourg, qui défend ainsi la position des évêques suisses.
Interviewé par le chancelier de l’évêché Nicolas Betticher sur le site internet de l’évêché de Fribourg, le 7 novembre, Mgr Bernard Genoud défend la position des évêques suisses et appelle à voter non.
Il estime qu’»il était urgent que les évêques prennent position» dans ce «débat de société» qui lui paraît de première importance. Si, rappelle l’évêque, dominica dies veut dire Jour du Seigneur, on ne peut avoir de Jour du Seigneur sans Seigneur». L’Eglise pendant des siècles a défendu les arts, développe Mgr Genoud. En tant que mécène, elle a cultivé notre Occident latin dans sa foi, ses arts, sa culture. «Dieu sait si les moyens engagés étaient énormes», s’exclame-t-il. «Nos fresques, nos cathédrales, nos messes de Mozart, nos cantates de Bach. Tout cela, c’était l’Eglise qui le commanditait».
Aujourd’hui, pour Mgr Genoud, après les arts, c’est l’homme qu’elle doit défendre. «Jour du Seigneur veut aussi dire coeur de l’homme, affectif de l’homme. Or nous sommes dans une société parfaitement organisée, certes, une fourmilière merveilleusement fonctionnelle», mais «qui devient profondément triste parce qu’il y manque un sourire communicatif, parce qu’il y manque un regard aimant». Et c’était encore possible le dimanche, «en rencontrant les familles qui se promènent, les gens qui font du sport; il y avait encore de la place pour le coeur de l’homme et pour la vie associative».
Si maintenant, met en garde l’évêque, nous utilisons ce temps là au niveau commercial, «si le dimanche n’est plus qu’économique, alors nous aurons un homme qui ne sera plus qu’économique. Avant était l’homo sapiens, l’homo amicus. Si l’homme devient homo oeconomicus, j’ai très peur qu’on l’enferme dans nos coffre forts et qu’il finisse par y claquer parce qu’on peut pas chanter dans un coffre-fort!».
Même si la loi devait être acceptée le 27 novembre prochain, la position de l’Eglise ne changera pas, précise Mgr Genoud. «On ne peut pas brader l’homme. Nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et Mammon, le dieu de l’argent». L’évêque encourage les fidèles à «servir Dieu, le maître d’amour et de miséricorde. Et donc à voter dans ce sens là».
Les Eglises chrétiennes de Suisse unies pour défendre le dimanche
La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et la Conférence des évêques suisses (CES), soutenues par les membres de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC-CH), se sont engagées pour «la protection du dimanche». Dans un document commun «Protégeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communauté – Une contribution oecuménique des Églises à propos de la révision de la loi sur le travail», la FEPS et la CES ont donné le 4 octobre leur opinion en vue de la votation du 27 novembre 2005 sur l’initiative parlementaire «Heures d’ouverture des commerces dans les centres de transports publics». Elles ont présenté à un large public leur brochure, qui en est déjà à sa troisième édition.
Aux yeux de la FEPS et de la CES, ce texte commun dépasse la simple prise de position à propos de la révision de la Loi sur le travail, demandée par l’initiative parlementaire. Il constitue bien davantage, une nouvelle étape concrète dans l’application de la «Charta OEcumenica». La FEPS et la CES rappellent qu’elles n’ont cessé de s’exprimer, dès les années 1980, sur la valeur du dimanche.
L’élément déterminant, pour le président du Conseil de la FEPS Thomas Wipf, est «l’espace de temps simultané qu’offre le dimanche». Il n’existe pas de compensation pour une telle perte, affirme-t-il. Il s’agit rien moins que de «cohésion sociale», à ses yeux. L’évêque Pierre Bürcher, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, de son côté a également rappelé le droit humain au libre exercice de la religion. «La protection actuelle du dimanche dans la Loi sur le travail ouvre une fenêtre temporelle aux cultes dominicaux et activités des Églises et garantit aux travailleuses et travailleurs la possibilité d’y prendre part, a-t-il dit. (apic/com/vb)




