Un chrétien aurait détruit des exemplaires du Coran

Pakistan: Trois églises incendiées dans l’est du Pakistan suite à des rumeurs

Lahore, 13 novembre 2005 (Apic) Après des rumeurs accusant un chrétien d’avoir brûlé des exemplaires du Coran, une foule en colère a mis le feu à trois églises chrétiennes ce week-end dans l’est du Pakistan. Une foule d’au moins un millier de musulmans en colère s’en est pris samedi à des édifices religieux chrétiens à Sangla Hill, un bourg rural situé à environ 90 km à l’ouest de Lahore.

La foule déchaînée a saccagé les églises avant de leur mettre le feu. Les émeutiers s’en sont pris également à un collège pour jeunes de filles, à un hôtel, à un dispensaire et à un presbytère. Ces actions de représailles contre la minorité chrétienne du Pakistan ont été entreprises après les accusations d’un groupe de musulmans affirmant que le chrétien Yousaf Masih avait détruit des exemplaires du Coran. Il s’agit d’un crime passible de la peine de mort dans un pays où ce genre d’accusations est souvent lancé pour faire du tort à des voisins. La populace veut souvent se faire justice elle-même, sans attendre d’éventuelles preuves.

Le président de la Conférence épiscopale catholique pakistanaise, Mgr Lawrence Saldanha, archevêque de Lahore, a dénoncé une attaque planifiée et a accusé la police locale de n’être pas intervenue à temps pour empêcher les incendiaires. De nombreux agresseurs étaient arrivés sur place en bus. Selon les autorités, une bonne vingtaine d’émeutiers auraient été appréhendés par la police à Sangla Hill.

De fausses accusations qui servent de prétextes aux extrémistes

Selon l’archevêque de Lahore, le chrétien accusé d’avoir désacralisé le Coran avait auparavant gagné une forte somme d’argent dans un jeu au détriment de musulmans. Ces derniers auraient voulu se venger en prétextant une profanation du livre sacré des musulmans. Les 400 familles chrétiennes de la localité avaient dû se mettre en lieu sûr après les accusations proférées depuis les haut-parleurs des mosquées lors de la prière du vendredi.

Les Eglises chrétiennes reprochent au gouvernement pakistanais de favoriser de telles agressions contre la communauté chrétienne en maintenant les lois sur le blasphème (sections 295 B et C du Code pénal du Pakistan). Ces lois d’un autre âge peuvent être manipulées par des groupes désireux de faire du tort aux minorités religieuses non musulmanes ou de s’emparer de leurs biens. Elles sont un instrument de choix pour les extrémistes dans le climat de haine, d’intolérance et de violence qui prévaut actuellement au Pakistan. (apic/kna/be)

13 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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