La tension monte encore d’un cran
Espagne: Le financement public de l’Eglise catholique réduit?
Madrid, 15 novembre 2005 (Apic) Le gouvernement socialiste espagnol a annoncé lundi son intention de réduire le financement public de l’Eglise catholique espagnole, au surlendemain d’une manifestation massive à Madrid appuyée par les évêques contre une réforme de l’éducation.
Cette décision intervient alors que les tensions entre le gouvernement et la hiérarchie de l’Eglise catholique ne font que redoubler. Des négociations secrètes en ce début de semaine sur la réforme de l’éducation entre l’Eglise et le gouvernement se seraient soldées par un échec
La coalition écolo-communiste Izquierda Unida (IU) a de son côté annoncé lundi une initiative parlementaire en 2006 pour «en finir avec le surfinancement» de l’Eglise, dont le montant global dépasse les 3 milliards d’euros annuels, selon le quotidien «El Pais» de dimanche.
Le financement public de l’Eglise, fixé par un accord de 1979 entre l’Etat espagnol et le Vatican «va devoir diminuer», a déclaré à la radio Cadena Ser la vice-présidente du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de La Vega. Selon elle, «l’Eglise n’a pas atteint son objectif d’autofinancement et nous sommes parvenus à un point où l’apport (de l’Etat) est très important, mais ne peut augmenter et va devoir diminuer, car l’Eglise devra remplir son objectif d’autofinancement», a averti la numéro 2 du gouvernement espagnol.
Réunions secrètes
Ces prises de position interviennent dans un contexte très tendu entre le gouvernement et l’Eglise, à propos d’un projet de loi sur l’éducation rendant facultatif l’apprentissage de la religion catholique. Plusieurs centaines de milliers de personnes, dont six évêques, ont manifesté ce week-end à Madrid contre cette réforme.
Selon «El Pais», une délégation de la hiérarchie de l’Eglise catholique, emmenée par le président de la Conférence épiscopale, Mgr Ricardo Blazquez, a été reçue en secret ce début de semaine au Palais de la Moncloa pour aborder le sujet de la réforme de l’éducation. D’après le quotidien espagnol, des négociations ont été menées sans résultat avec la vice-présidente Maria Teresa Fernandez de La Vega et le président du groupe parlementaire socialiste Alfredo Perez Rubalcaba. Quatre réunions se sont soldées par un échec. (apic/ag/ep/pr)




