Bruxelles: Le supérieur de la Congrégation des Missionnaires accueille Guy Theunis
Fatigué mais «allant bien» et préparant sa défense
Bruxelles, 21 novembre 2005 (Apic) Le Père Gérard Chabanon, Supérieur Général de la congrégation des Missionnaires d’Afrique (Père Blanc), donne des nouvelles de Guy Theunis. Le prêtre, accusé au Rwanda par un tribunal populaire de «complicité au crime de génocide» prépare sa défense.
«Guy m’a téléphoné hier soir vers 21h30. Sa voix n’a pas changé et il m’a assuré qu’il allait très bien. Bien sûr il était un peu fatigué mais le bonheur de retrouver les siens et la liberté avaient pris le dessus». C’est par ces mots que le Père Gérard Chabanon, Supérieur Général de la congrégation des Missionnaires d’Afrique (Père Blanc), dont le Père Guy Theunis fait partie, a décrit à l’agence missionnaire MISNA l’état psychologique et physique du prêtre belge. Ce dernier a foulé le sol de sa terre natale hier matin, après 75 jours de détention dans la prison centrale de Kigali.
La première journée de liberté du prêtre a été entièrement consacrée aux démarches juridiques que les autorités belges sont chargées de mener à son encontre, a précisé le Père Chabanon. Au Rwanda, Guy Theunis a été accusé par un tribunal populaire (Gacaca) de «complicité au crime de génocide et d’incitation au génocide». La Haute Cour de Justice du Rwanda a transféré le dossier du missionnaire à la justice belge qui devrait ouvrir, comme le prévoient les procédures nationales, une information judiciaire (ou instruction) afin de vérifier l’existence ou la non existence d’éléments à sa charge, pouvant entraîner une poursuite judiciaire formelle pour un délit particulier.
Le prêtre est donc en liberté mais à la disposition de la justice belge. Hier, à son arrivée, il a d’abord été interrogé par la police puis a été entendu durant toute la journée par un juge. C’est seulement au terme d’une audition, qui s’est achevée à 19h, que le missionnaire a pu retrouver sa famille. «Il va prendre du repos, faire un bilan médical et préparer sa défense. Son intention est de rester en Belgique jusqu’à la fin de l’année. Il remercie tous ceux qui l’ont soutenu en prière», conclut Gérard Chabanon.
«Victime d’une vendetta personnelle au Rwanda»
Par ailleurs, l’ONG Reporters sans frontières rendait public le 4 novembre sur son site internet, un rapport détaillé sur la situation de Guy Theunis. L’ONG affirme que le prêtre journaliste est innocent des faits dont on l’accuse. Les «preuves» présentées contre lui avant, pendant et depuis la tenue de la Gacaca (tribunal traditionnel), le 11 septembre 2005, n’ont aucun fondement. Une poignée d’individus, poussés par des motivations personnelles ou politiques, a monté un dossier contre lui dans l’urgence, conclut l’ONG. «Guy Theunis est victime d’une vendetta personnelle menée par quelques tenants du pouvoir qui ont profité du passage de l’ancien journaliste de Dialogue au Rwanda pour lui faire payer son engagement religieux, ses dénonciations des violations des droits de l’homme commises par le Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir), ou tout simplement pour régler des comptes personnels».
Reporters sans frontières s’est rendue au Rwanda du 30 septembre au 7 octobre afin d’enquêter sur cette arrestation. Les représentants de l’organisation ont pu rendre visite à Guy Theunis en prison. Ils ont également rencontré les principaux témoins à charge présents lors de l’audience du 11 septembre de la Gacaca qui a placé le Père Theunis dans la catégorie 1 des personnes soupçonnées d’être impliquées dans le génocide, c’est-à-dire parmi les «incitateurs» et les «planificateurs». (apic/rsf/misna/vb)




