Des rituels acceptés par tous, chrétiens ou non
Bangladesh: Les catholiques de l’ethnie Santal observent fidèlement les rites funéraires
Mariampur, 27 novembre 2005 (Apic) Chrétiens ou non, tous les membres de l’ethnie aborigène Santal partagent la croyance selon laquelle les morts ont la vie éternelle. Eglises d’Asie a recueilli des témoignages.
Après la mort d’un membre de la communauté, qu’il soit chrétien ou non, le chef de famille en informe le «manjhi» (le chef du village) qui invite tous les hommes à se rassembler devant la maison du défunt. Le «godet», le messager du manjhi, parcourt alors le village une branche d’arbre à la main. A son arrivée, les habitants se rassemblent pour l’écouter. Dans la maison du défunt, on fait la toilette du mort et on oint son corps d’huile. Si la famille est catholique, prêtre et catéchistes y participent. Le plus souvent, les Santal catholiques enterrent leurs morts alors que les autres membres de l’ethnie les incinèrent.
C’est là un des seuls points qui différencient les Santal selon leur appartenance religieuse, mais, pour le reste, les usages sont les mêmes. Ainsi, « Bhandan », le dernier acte de la cérémonie funèbre a lieu quarante jours ou même davantage, après le décès. Au jour choisi, les hommes du village se coupent les cheveux, prennent un bain et se rassemblent dans la maison du défunt. La famille a préparé un grand dîner pour les hommes de la famille et ceux venus des villages voisins. Tous ont apporté des présents : du riz, des poules, des chèvres ou des porcs. Si la famille du défunt est catholique, le prêtre ou le catéchiste est invité à participer à l’événement. Si le prêtre est présent, il lui revient de bénir les cadeaux.
Intégration et sauvegarde
Bhandan a lieu habituellement dans les deux ou trois mois qui suivent le décès, mais il peut aussi bien se tenir un ou deux ans plus tard. Benjamin Soren confie à Eglise d’Asie que le but de cette journée de célébration est d’honorer le ou la défunte et son accession à la vie éternelle. « Même si la mort est une mauvaise nouvelle pour la famille, la présence de tous après le décès est un symbole d’unité », souligne encore Benjamin Soren.
Le Père Marcus Murmu, le chancelier du diocèse catholique de Dinajpur, confirme, quant à lui, que l’Eglise accepte les traditions funéraires des Santal tout en y intégrant des valeurs chrétiennes. « L’Eglise catholique encourage désormais la pratique du bhandan comme signe de prière pour les défunts », précise le prêtre qui est aussi curé d’une paroisse à Mariampur.
On estime à 100’000 ou 150’000 le nombre des Santal vivant au Bangladesh. Environ 45 % d’entre eux sont chrétiens. (apic/eda/pr)




