La communauté internationale s’indigne

Egypte: Entre 25 et 100 réfugiés soudanais tués lors d’une opération d’évacuation

Le Caire, 4 janvier 2006 (Apic) Entre 25 et 100 réfugiés soudanais, selon les sources, ont été tués au Caire, vendredi dernier, par la police lors d’une opération d’évacuation. Des rescapés de ce coup de poing sanglant condamné par la communauté internationale ont trouvé refuge dans des églises, a rapporté la BBC.

Le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) a apporté une assistance humanitaire en médicaments et couvertures dans les églises où sont logés des réfugiés. Ce drame de l’évacuation des réfugiés soudanais au Caire a eu lieu vendredi 30 décembre. Quelque 2’000 réfugiés du Sud-Soudan campaient devant les locaux du HCR au Caire depuis trois mois pour obtenir des titres de séjour ou documents leur permettant de se rendre aux Etats-Unis ou au Canada. Le HCR refusait de leur accorder le statut de réfugié, estimant que ce sont «des réfugiés économiques».

Pour les déloger, les autorités égyptiennes ont utilisé la manière forte. Les correspondants de la presse internationale ont parlé d’un «spectacle tragique» au terme de l’évacuation. Les lieux offraient l’image d’un champ de bataille, avec des centaines de valises éventrées, jonchant par terre, des vêtements flottants accrochés à des branches d’arbres, de petits arbres de Noël, garnis d’une petite guirlande, renversés.

De nombreux autres réfugiés ont été déportés loin de la ville, à une trentaine de kilomètres, parqués dans un camp de transit, au sud-ouest de la ville, sur la route des Pyramides. Les autorités égyptiennes procèdent à un tri pour déterminer ceux d’entre eux qui sont en situation régulière et ceux qui ne le sont pas.

Le gouvernement pointe le doigt sur le HCR

Le Caire accueille environ deux millions de ressortissants soudanais. Ceux qui ont des parents, amis ou connaissances parmi les victimes de la répression policière, faisaient encore le tour des hôpitaux et morgues de la capitale pour retrouver des disparus, a rapporté Radio France Internationale (RFI). Le gouvernement égyptien a été très critiqué par la communauté internationale pour la manière brutale qui a caractérisé l’évacuation. Il tente de se justifier et de partager la responsabilité du drame avec le HCR, indiquant avoir répondu à une demande d’évacuation de celui-ci.

Le gouvernement soudanais, pour sa part, a demandé à ses ressortissants de rentrer au plus vite dans le pays. Selon le HCR, le gouvernement égyptien a assuré qu’il n’y aura pas de rapatriement forcé de réfugiés vers le Soudan.

La presse indépendante et l’opposition égyptienne se sont jointes au concert de protestation pour condamner la répression policière et réclamer la mise sur pied d’une commission d’enquête, ainsi que la démission du ministre de l’Intérieur. (apic/ibc/bb)

4 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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