Le roi Mohamed VI classé seulement en seconde position
Maroc: Polémique dans le royaume après un sondage sur l’homme politique de 2005
Rabat, 9 janvier 2006 (Apic) Polémique au Maroc, après le sondage d’un hebdomadaire local en langue arabe, sur la personnalité la plus marquante du royaume en 2005. Le roi Mohamed VI n’arrive qu’en deuxième position après un universitaire et ancien opposant au régime du défunt roi Hassan II. Ce classement est désavoué par certains marocains pour lesquels leur souverain ne doit pas être mis en compétition avec un autre citoyen.
Selon le correspondant de radio France Internationale, l’hebdomadaire n’a pas réalisé un sondage réel auprès de la population. Il a interrogé une centaine de personnalités marocaines. Toutes ont placé un universitaire de 55 ans, Driss Benzakri, avant le roi Mohamed VI. Ancien opposant, il a passé 17 ans en prison dans les années 70 et 80. Il dirige, depuis deux ans, sur décision du roi Mohamed VI, «l’Instance Equité et Réconciliation», chargée d’enquêter sur les années de «plomb» au Maroc. Inspirée du modèle de la «Commission Vérité et Réconciliation» sud-africaine, la commission marocaine a remis au roi Mohamed VI, fin novembre dernier, les conclusions de ses travaux et des recommandations, contenues dans un rapport.
Pour de nombreux Marocains, la présence du roi dans le classement est inadmissible. Leur guide ne doit pas être en compétition avec d’autres citoyens, car étant «au dessus de tous». Le ministre des relations avec le parlement, Mohamed Saad Alami, a par exemple écrit dans un journal que «le roi ne doit nullement entrer dans la concurrence pour le tire d’homme de l’année». Le porte-parole du gouvernement a lui aussi critiqué le sondage, qu’il a qualifié de «méprise».
Aucune atteinte à la personne du roi
La direction de l’hebdomadaire s’est déclarée «étonnée par cette polémique». Elle s’est défendue en rappelant que la question posée: «qu’elle est, à votre avis, la personnalité qui marqué par son influence, l’année 2005 ?», était ouverte. Elle n’est nullement une atteinte à la personne du roi.
Au Maroc, tout ce qui touche au roi et à son entourage est sensible. Il y a un mois, un autre hebdomadaire, francophone, celui-là avait titré: «Médias et royauté: jusqu’où peut-on aller ?». La question n’a pas été posée au hasard, car la loi prévoit des sanctions «en cas d’atteinte à la personne sacrée du roi, institution sacrée du royaume». Il y a quelques semaines encore, un journal «Al Ayam» qui avait enquêté sur un dossier au Palais royal a été poursuivi. Son procès est prévu pour fin janvier. De nombreux journaux marocains sont mécontents de constater que la communication autour de la famille royale est confiée à la presse française, notamment à des magazines. (apic/ibc/be)




