Les témoignages parviennent nombreux à Amnesty International

Guantánamo: Quatre ans après, la torture continue

Londres, 10 janvier 2006 (Apic) Quatre ans après, la torture continue à Guantanamo, dénonce Amnesty International. Selon l’organisation, rien n’a changé sur cette île cubaine, alors le 11 janvier prochain marquera le quatrième anniversaire des premiers transferts de détenus à la prison américaine de Guantánamo.

Quatre ans après, assure AI, des témoignages de détenus faisant état de mauvais traitements continuent de lui parvenir.

Parmi les témoignages se trouve celui d’un des premiers détenus transférés à Guantánamo : Jumah al Dossari, Bahreïnite âgé de trente-deux ans, conduit à la base navale américaine en janvier 2002 après avoir été détenu par les forces américaines sur la base aérienne de Kandahar, en Afghanistan.

Le témoignage de Jumah al Dossari, corroboré par plusieurs personnes ayant été libérées de Guantánamo depuis lors, contient plusieurs allégations de tortures morales et physiques et de mauvais traitements infligés par du personnel des États-Unis à lui et à d’autres détenus, en Afghanistan et à Guantánamo. «Les pires jours de ma détention étaient ponctués de privations, d’actes d’humiliation, d’oppression et de souffrance mentale», a-t-il raconté dans un long témoignage transmis à Amnesty International. «Je n’étais autorisé à parler qu’aux trois personnes chargées de me torturer», affirme-t-il.

Amnesty International a également révélé d’autres informations sur le cas du journaliste d’Al Jazira Sami al Hajj, transféré à Guantánamo en juin 2002 après avoir été détenu à Bagram et Kandahar, et sur le cas d’Abdulsalam al Hela, homme d’affaires yéménite, transféré et détenu au secret avant d’être conduit à Guantánamo.

Des milliers de membres d’Amnesty International de plus de 38 pays demanderont ces jours au président Bush et au ministre de la justice Gonzales de faire en sorte que tous les détenus de Guantánamo soient jugés équitablement et que toutes les informations faisant état de torture et de mauvais traitements dans ce centre de détention fassent l’objet d’une enquête.

Pour Amnesty International, il n’y a pas de mesure intermédiaire en ce qui concerne Guantánamo. Le centre de détention doit être fermé et une enquête doit être immédiatement menée sur les nombreuses informations faisant état d’actes de torture et de mauvais traitements depuis 2002. (apic/com/pr)

10 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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