Rome: Le président de Cor Unum commente la première encyclique de Benoît XVI

«Une chance pour proclamer la parole de Dieu sur l’Amour»

Vatican 23 janvier 2006 (Apic) La première encyclique de Benoît XVI est «une chance» pour «proclamer la parole de Dieu sur l’Amour» aux hommes et femmes d’aujourd’hui, a déclaré le président de Cor Unum, à l’occasion du congrès sur la charité organisé par son dicastère les 23 et 24 janvier 2006 au Vatican.

Dans son discours prononcé devant quelque 250 participants, Mgr Josef Cordes, commentant l’encyclique «Deus caritas est», a expliqué que la publication de l’encyclique, signée en date du 25 décembre 2005, avait «pris plus de temps que prévu.

Les premières encycliques des derniers papes ont été «des chartes de chacun de ces pontificats», a poursuivi l’archevêque allemand, soulignant que l’objectif du congrès qu’il organise était, entre autres, «d’étendre cet enseignement à tous les membres de l’Eglise». Benoît XVI a «lui-même voulu cette conférence», a-t-il rapporté, espérant que «le thème central de l’Encyclique créera un grand écho». La conférence doit donc «attirer le regard de tous vers l’Encyclique, qui peut ouvrir les oreilles de tous nos contemporains».

Le piège du «sentiment philanthropique»

S’interrogeant ensuite sur les objectifs d’une Encyclique autour d’un sujet maintes fois abordé dans l’histoire de l’Eglise, notamment à travers ses multiples encycliques sociales, Mgr Cordes a répondu que si «l’enseignement social de l’Eglise et sa théologie de la charité sont indubitablement semblables», elles «ne coïncident pas complètement».

«En Europe, les défis venant de la société aujourd’hui exigent de définir précisément de façon théologique ce que l’Eglise entend et réalise quand elle travaille en faveur de l’humanité», a-t-il aussi expliqué. Car si le sentiment «philanthropique» est très diffusé dans notre société, «il peut y avoir là un piège». En effet «on peut ainsi croire qu’on n’a pas besoin de racines bibliques afin de vivre la charité», a soutenu Mgr Cordes.

Et ainsi, «sans une fondation théologique solide, les organisations d’Eglise sont tentées de se désassocier de l’Eglise et de travailler de leur côté», préférant «s’identifier comme indépendantes, comme des ONG», a-t-il expliqué. Dans un tel cas, «leur philosophie et leur projet sont indistincts de ceux de la Croix Rouge ou de l’Onu». «Or, pour le prélat allemand, il y a un rapport intime entre l’activité humanitaire de l’Eglise et la crédibilité de la proclamation de l’Evangile». (apic/imedia/ar)

23 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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